Une guerre qui n'existe que sur papier
À Bondoukou, le débat sur la voie A1 a révélé bien plus qu'un désaccord sur une route. En effet, il a mis en lumière deux attitudes opposées : d'un côté, un homme qui cherche le dialogue, et de l'autre, des gens en mal de publicité qui tentent de se construire une existence politique en créant artificiellement une opposition avec Kobenan Kouassi Adjoumani. Or, cette opposition que l'on veut à tout prix installer dans le Gontougo n'est pas née sur le terrain, elle n'est née ni d'une déclaration, ni d'un acte, ni d'un désaccord réel entre les cadres de la région. Elle a été fabriquée, de toutes pièces, par un journal qui, en deux jours, a publié deux titres qui se détruisent l'un l'autre et qui détruisent, du même coup, toute la thèse d'une guerre dans le Gontougo.
En 48 heures, le journal invente la guerre puis réclame le pardon
Car les faits sont têtus. Le premier titre, publié le 3 novembre 2026 sur http://echosmedias.net, affirme : « Adjoumani - Touré, la guerre froide qui paralyse le Zanzan ». Le second titre, publié le 4 novembre 2026 sur le même journal, affirme : « L'heure du pardon entre l'Éléphant et le Lion ». Dès lors, une question s'impose : comment peut-on exiger le pardon pour une guerre qu'on vient d'inventer la veille ? En réalité, le journal ne décrit pas une guerre, il la fabrique, puis il fabrique le pardon pour la guerre qu'il a fabriquée.
Aucune citation, une preuve qui détruit la thèse
Par ailleurs, le premier titre ne repose sur aucune preuve. Echos Medias parle de deux éléphants qui se regarderaient en chiens de faïence, de deux carnets d'adresses et de zéro soumission. Pourtant, à aucun moment, il ne cite une seule phrase d'Adjoumani contre Touré Souleymane, ni une seule phrase de Touré contre Adjoumani. Bien au contraire, le journal cite lui-même la preuve qui détruit sa thèse. Lors de l'investiture de Touré Souleymane comme ministre-gouverneur du District autonome du Zanzan, le 12 février 2022, Adjoumani lui avait lancé : « Vous n'êtes pas seul et vous ne serez jamais seul ». Autrement dit, le soi-disant rival a publiquement soutenu celui qu'on veut aujourd'hui lui opposer.
Une accusation démentie par sa propre citation
En outre, le second titre est encore plus révélateur. Pour réclamer « l'heure du pardon », Echos Medias invente un conflit entre l'Éléphant, Adjoumani, et le Lion, Ouattara Siaka. Or, là encore, le journal cite la preuve de l'innocence dans son propre article. Le 11 octobre 2026, à Tanda, devant le maire Koné Amadou, Adjoumani avait affirmé : « Je ne m'opposerai jamais à l'ascension d'un des miens. Si on demande mon avis, le président est là, je ne suis jamais allé lui dire : président, un tel, il est mauvais. Ce n'est pas le rôle que je dois faire. Et jamais je ne le ferai. » Dès lors, comment peut-on, dans le même article, l'accuser d'être l'obstacle principal à la reconduction de Siaka ? On ne peut pas citer la preuve et maintenir l'accusation.
A Bondoukou, un médiateur face aux jeunes, pas un adversaire
De surcroît, les deux titres cachent la même vérité sur le terrain. Le 28 octobre, lorsque des jeunes ont bloqué le chantier de bitumage pour réclamer une route en 2x2 voies, Adjoumani n'a pas répondu par la répression ni par le mépris. Bien au contraire, il a convoqué une rencontre à la mairie, le 3 novembre, pour écouter. Dès l'ouverture, il a d'ailleurs tenu à clarifier sa démarche en affirmant qu'il était venu pour écouter et enregistrer, et non pour faire la guerre. Dans le même temps, il a fait une proposition concrète, celle d'un aménagement en 2x2 voies sur les entrées stratégiques de Bondoukou, du corridor jusqu'à la station Fofié, et depuis Kouassi-Ndawa, avant le village de Goli, jusqu'à Bondoukou. Dès lors, comment peut-on être en guerre contre des jeunes dont on porte soi-même la revendication jusqu'au ministre des Infrastructures, Yacouba Hien Sié, et jusqu'au président Alassane Ouattara ?
La guerre imaginaire, un fonds de commerce politique
En réalité, le problème ne vient pas d'Adjoumani. Il vient de ceux qui, faute de bilan, faute de projet et faute d'audience, ont besoin d'un adversaire pour exister, et d'un journal qui a besoin de cette guerre pour exister. En ce sens, la méthode est connue : on s'attaque au nom le plus visible, on monte le ton sur les réseaux sociaux, on provoque une scène à l'ouverture d'une réunion, puis on se présente comme la victime d'un système. Or, à Bondoukou, cette mise en scène a échoué, car la majorité des jeunes présents a choisi le dialogue et non la provocation. De surcroît, la preuve la plus éclatante de cette volonté de paix est venue des jeunes eux-mêmes. Le délégué départemental du Conseil national des jeunes de Côte d'Ivoire, Alexis Adjoumani Kouadio, a présenté des excuses au nom de la jeunesse pour les incidents survenus. Ce geste, qui a changé l'atmosphère de la salle, montre bien que la véritable jeunesse de Bondoukou ne se reconnaît pas dans les faiseurs de bruit. Elle veut des résultats, pas des clashs.
31 ans de mandat, aucun besoin d'ennemi
Enfin, il faut rappeler le parcours de l'homme que les deux titres d'Echos Medias veulent transformer en homme de guerre. Après 31 ans comme député, 25 ans comme conseiller général puis régional, et près de 19 ans au gouvernement, Adjoumani n'a plus rien à prouver en termes de notoriété. Il n'a pas besoin de créer un ennemi pour exister. À l'inverse, ceux qui s'agitent aujourd'hui ont besoin de son nom pour être cités, partagés et commentés. En s'opposant artificiellement à lui, ils cherchent en réalité à capter un peu de sa lumière. Et le journal, en alignant deux titres contradictoires en 48 heures, prouve qu'il cherche la même lumière.
_Bondoukou a déjà tranché
En définitive, les deux titres d'Echos Medias disent tout, mais pas ce que le journal voulait dire. Le premier invente une guerre froide qui n'existe pas, le second réclame un pardon pour une faute qui n'a jamais été commise. Bondoukou doit retenir l'essentiel. Adjoumani n'est en guerre contre personne. Ce sont certains, en mal de publicité, qui ont besoin d'une guerre imaginaire pour se faire voir. Mais la ville, elle, a déjà choisi : elle préfère celui qui porte ses dossiers à celui qui porte des slogans. Car la vérité est désormais claire : Adjoumani n'est en guerre contre personne, Echos Medias est en guerre contre la vérité.
Sercom Ministre d'État, conseiller spécial à la Présidence