Face aux défis structurels de trésorerie et d'accès au crédit auxquels font face les organisations de producteurs, le Conseil du Café-Cacao et l’Initiative pour le Commerce Durable (IDH) ont réuni l'ensemble des acteurs du secteur à l’Hôtel Tiama d’Abidjan, le mardi 20 octobre 2026 autour d’un atelier.
Cet atelier stratégique, axé sur le thème ’’Renforcer l’accès au financement des sociétés coopératives de cacao : défis, innovations et perspectives’’, ambitionne de jeter les bases d’un accès durable et sécurisé au crédit pour ces piliers de la filière.
En effet ; bien qu'elles constituent la colonne vertébrale de la chaîne d'approvisionnement en organisant les producteurs, en assurant la collecte et en garantissant la qualité, la traçabilité et la durabilité du cacao, les sociétés coopératives demeurent parmi les maillons les moins bien financés de la chaîne de valeur.
De fait, entre le manque de garanties, les informations financières incomplètes et une perception élevée du risque agricole par les banques, les coopératives peinent à mobiliser les trésoreries nécessaires. Les récentes difficultés enregistrées au cours de la campagne 2025-2026 ont rappelé l'urgence d'agir pour éviter des retards de paiement et une dégradation des services rendus aux planteurs.
Une feuille de route commune pour transformer le secteur
Intervenant pour le compte du Conseil du Café-Cacao) Mme Fléan Assandé Josiane, Directrice Adjointe chargée du Développement agricole a rappelé le rôle névralgique des coopératives ainsi que l'impact direct de leur santé financière sur la vie des planteurs : « Les sociétés coopératives constituent un maillon essentiel dans la chaîne d'approvisionnement du cacao. <...> Lorsqu'une société coopérative manque de financement, les conséquences se répercutent sur toute la chaîne : sa capacité à collecter, à acheter la production de ses membres se réduit. Les paiements peuvent être retardés et les services aux producteurs s'affaiblissent. »
Poursuivant, elle a fait savoir : « Derrière le financement d'une société coopérative se trouvent des producteurs qui doivent vendre leur récolte, recevoir leurs paiements, subvenir à leurs besoins vitaux et ceux de leur famille et entretenir leur verger. C'est à cette réalité que nous devons relier nos échanges. »
Mme Assandé a formulé trois attentes majeures pour ces travaux : un dialogue franc et constructif, des propositions concrètes répondant aux besoins du terrain, et l'élaboration d'une feuille de route claire précisant les responsabilités et les échéances. Elle a également exhorté les coopératives à renforcer leur gouvernance et assainir leurs comptes pour bâtir la confiance avec les banques.
Pour sa part, Stéphanie Kadio, Directrice Pays de l'IDH en Côte d'Ivoire a insisté sur la nécessité de passer des projets pilotes à une véritable mise à l'échelle des solutions financières, tout en plaidant pour une responsabilité partagée : « Il n'est pas nécessaire de rappeler que les sociétés coopératives sont la colonne vertébrale de la filière cacao. <...> Pourtant, elles restent parmi les acteurs les moins bien financés de la chaîne de valeur. »
Elle a par ailleurs ajouté : « À l'IDH, nous avons remarqué qu'il existe des mécanismes innovants qui ont déjà fait leurs preuves, mais qui sont aujourd'hui dispersés. Notre ambition pour cette journée, c'est d'impulser le passage des initiatives pilotes aux solutions à l'échelle. »
Directrice Pays de l'IDH en Côte d'Ivoire n’a pas manqué d’indiquer : « Aucun acteur ne peut seul lever le risque qui bloque le financement des coopératives. Les banques, les coopératives, les acheteurs, l'État et le Conseil Café-Cacao, c'est tous ensemble que nous trouverons des réponses durables. »
Elle a en outre a réaffirmé l'engagement fort de l'IDH à accompagner sur le long terme le groupe de travail chargé de mettre en œuvre la feuille de route issue de cet atelier.
Réunissant banques, institutions financières, exportateurs, partenaires techniques et représentants des producteurs, la rencontre s'est fixé pour objectif la création d'un comité de suivi et la rédaction d'une feuille de route opérationnelle. Les mécanismes existants tels que le crédit-bail, le financement des intrants et les fonds de garantie seront étudiés de près afin de créer un modèle de financement plus résilient et équitable pour l'ensemble de la filière ivoirienne.
O.L