TANDA - Inauguré le dimanche 11 octobre 2026, en présence du ministre d'État Kobenan Kouassi Adjoumani, le nouveau marché de Tanda ambitionne de dynamiser le commerce local et d'améliorer les conditions de travail des commerçants.
Au-delà de la simple infrastructure commerciale, l'ouvrage porte une forte charge symbolique et économique pour la communauté. Érigé sur un ancien dépotoir, il illustre la reconversion d'un espace insalubre en un lieu consacré aux échanges et aux activités génératrices de revenus. Pour les populations, c'est un maillon essentiel de l'approvisionnement des ménages et de la circulation des produits. « Parce que le marché, c'est ce qui soutient la vie », résumera le ministre d'État.
Mais ce marché est né d'une urgence sanitaire. Le maire Amadou Koné a expliqué que le projet répondait à un problème d'insalubrité vécu par les riverains de l'ancien dépotoir. Il a rendu hommage à Kouman Kouassi Martin, ancien conseiller municipal décédé, qui l'avait alerté sur les nuisances provoquées par les odeurs provenant du site. Plutôt qu'un simple aménagement, le maire lui avait proposé d'y construire un marché. Une idée devenue réalité avec l'inauguration du nouvel ouvrage. Pour accroître ses capacités, 40 magasins supplémentaires ont d'ailleurs été annoncés.
Le maire Koné Amadou : « Souffrez qu'on vous critique »
Prenant la parole, le premier magistrat de Tanda n'a pas caché son émotion. « Monsieur le ministre d'État, votre présence seule suffit pour rendre gloire à Dieu, pour rendre à cette cérémonie toute sa plénitude », a lancé Koné Amadou, avant de saluer les contributions, parfois discrètes, du ministre au développement de la commune. Puis le ton est devenu plus direct. Invitant son aîné à l'écoute, le maire a assumé : « Souffrez qu'on vous critique. Avec moi-même en premier. Quand vous êtes devant, on doit vous critiquer, et on va continuer de vous critiquer, Monsieur le ministre d'État. Acceptez cela. »
Adjoumani répond : « Je ne m'opposerai jamais à l'ascension d'un des miens »
La réponse du ministre d'État Kobenan Kouassi Adjoumani a donné une dimension hautement politique à la cérémonie.
D'abord sur la critique : « C'est parce que j'accepte que vous me critiquiez que je suis encore vivant. Parce que quelqu'un qui refuse les critiques, il ne vit pas longtemps », a-t-il affirmé. Prenant exemple sur le président Alassane Ouattara, « un grand homme » qui a su « encaisser » tout ce qui a été dit sur lui, il a estimé que la critique accompagne le parcours d'un responsable public. Ensuite, sur la solidarité entre cadres, le moment le plus fort : « Je demande à Dieu de me donner toujours cette force. Que jamais je ne m'oppose à l'ascension d'un des miens, de mes frères et de mes sœurs. Si on demande mon avis, le président est là, je ne suis jamais allé lui dire : président, un tel, il est mauvais. Ce n'est pas le rôle que je dois faire. Et jamais je ne le ferai. » « Moi, je dois aider mes parents, et je le ferai tant qu'on va me demander mon avis », a-t-il insisté, voulant rassurer sur sa volonté de favoriser la promotion de tous.
Enfin, il a mis en garde contre le mal ivoirien des divisions post-électorales : « Nous sommes tous ici par la seule volonté du maire qui a décidé de construire ce joyau pour nos parents <...> Parce que c'est main dans la main que nous allons développer Tanda », a-t-il soutenu, avant de déplorer : « On aime être ensemble au moment des élections. Et quand les élections finissent, chacun prend sa voie. Et on assiste à des éternels recommencements. Il ne faudrait pas qu'à l'occasion des élections, on soit divisés. »
Entre fierté locale et leçon de cohésion, Tanda a donc inauguré plus qu'un marché : un symbole de transformation et un appel à l'unité.
Hosanna JP de Chantal