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Vendredi, 09 octobre

TANTAMA / BOUNA — Une école construite, mais toujours sans enseignants : l’alerte sur l’accès à l’éducation dans une localité frontalière

Publié le 08 octobre 2026 à 17:00
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L' école primaire de Tantama serait restée sans enseignants depuis sa construction.
L' école primaire de Tantama serait restée sans enseignants depuis sa construction.

À 55 kilomètres environ de Bouna, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, une école primaire de Tantama serait restée sans enseignants depuis sa construction, selon le témoignage d’un internaute. Une situation qui soulève des questions sur l’accès à l’éducation dans cette zone frontalière du Ghana.
L’alerte nous est parvenue d’un internaute se présentant sous le pseudonyme « J’aime BOUNA ». Dans un témoignage publié en ligne, celui-ci affirme qu’une école primaire construite depuis environ trois ans dans le village de Tantama n’aurait toujours pas bénéficié de l’affectation d’enseignants.
Selon ce témoignage, le seul intervenant qui assurait bénévolement les cours aurait cessé son activité. Le bâtiment scolaire serait depuis lors peu ou pas utilisé à des fins éducatives.
Ces informations, qui restent à vérifier directement sur le terrain auprès des autorités éducatives, des responsables locaux et des habitants, soulèvent néanmoins une question essentielle : à quoi sert une infrastructure scolaire lorsqu’elle ne peut pas fonctionner faute de personnel enseignant ?

Bouna et le Bounkani, une région confrontée aux défis de l'enclavement

Tantama se trouve dans la région du Bounkani, dont Bouna est le chef-lieu. Située dans le nord-est du pays, cette région est frontalière du Ghana et du Burkina Faso.
Le Bounkani compte quatre départements : Bouna, Doropo, Nassian et Téhini. La région couvre une superficie importante et demeure caractérisée par une forte présence des populations rurales.
L’accès aux services sociaux de base, notamment dans les localités éloignées des principaux centres urbains, constitue ainsi un enjeu majeur pour les pouvoirs publics et les collectivités territoriales.
Bouna constitue également l’une des principales portes d’accès au Parc national de la Comoé, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Des investissements dans les infrastructures, mais la question du personnel demeure
Des efforts ont été engagés ces dernières années dans le Bounkani en matière d’infrastructures scolaires, sanitaires et hydrauliques. Le Conseil régional indique notamment avoir réalisé ou réhabilité plusieurs infrastructures dans les différentes localités de la région.
Les pouvoirs publics ont également engagé des travaux visant à améliorer la desserte routière et le désenclavement de plusieurs zones du nord-est ivoirien.
Mais la construction d'une école ne suffit pas à garantir l'accès effectif à l'éducation. La disponibilité des enseignants, des logements adaptés et des conditions minimales de fonctionnement constitue également une condition essentielle. C’est précisément sur ce point que la situation rapportée à Tantama mérite d’être examinée.

Tantama : ce que rapporte le témoignage

D’après l’auteur de l’alerte, l’école de Tantama aurait été construite il y a environ trois ans, mais n’aurait pas bénéficié depuis lors d’une affectation régulière d’enseignants.
Toujours selon ce témoignage, un bénévole aurait tenté d’assurer l’enseignement avant de renoncer à cette tâche.
L’auteur affirme également que le bâtiment scolaire serait actuellement utilisé à d’autres fins, notamment comme abri pour des animaux domestiques.
Ces affirmations nécessitent toutefois une vérification indépendante sur place. Une mission journalistique permettrait notamment de constater l’état réel de l’établissement, de recueillir la parole des parents et des élèves, et de vérifier les informations auprès des responsables administratifs et éducatifs compétents.
La question de la maîtrise du français par les habitants, également évoquée dans le témoignage, devrait elle aussi être documentée avec prudence et replacée dans son contexte linguistique et éducatif.

Une situation qui appelle des réponses

Si l’absence d’enseignants à Tantama était confirmée, elle poserait la question de la continuité du service public d’éducation dans une localité située à proximité de la frontière ghanéenne. Plusieurs acteurs pourraient être sollicités afin d’apporter des réponses.
Du côté du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, il conviendrait de vérifier les effectifs officiellement affectés à l’établissement, les éventuelles difficultés de recrutement ou d’affectation et les mesures envisagées.
La Direction régionale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (DRENA) de Bouna pourrait également préciser la situation administrative de l’école et les dispositions prises pour assurer son fonctionnement.
Le Conseil régional du Bounkani, pour sa part, pourrait être interrogé sur la construction de l’infrastructure, son état actuel et les éventuels dispositifs d’accompagnement relevant de ses compétences.
Enfin, la communauté villageoise pourrait apporter des éléments importants sur la fréquentation scolaire, les besoins des familles et les conditions locales susceptibles de compliquer l'affectation ou le maintien des enseignants.

Une école ne prend tout son sens que lorsqu’elle fonctionne

L’histoire de Tantama, si les faits rapportés sont confirmés, illustrerait une difficulté qui dépasse la seule construction d’un bâtiment.
Une politique éducative efficace suppose à la fois des infrastructures, des enseignants, des équipements, des logements lorsque les conditions locales l’exigent et un suivi régulier des établissements les plus éloignés.
Dans les zones frontalières et rurales, ces enjeux prennent une importance particulière en raison des distances, de l’enclavement de certaines localités et des difficultés auxquelles peuvent être confrontés les personnels affectés.
Tantama mérite donc que sa situation soit examinée avec attention par les autorités compétentes. La question posée n’est pas seulement celle d’un bâtiment scolaire : elle est celle de la capacité à garantir aux enfants, où qu’ils vivent, un accès effectif et continu à l’éducation.
Une vérification de terrain, suivie de réponses précises des autorités concernées, permettrait de faire la lumière sur la situation et, surtout, d’identifier les solutions permettant à cette école de remplir pleinement sa mission.

Hosanna JP de Chantal