Traitement ...
OK
NON
ANNULER
Mercredi, 07 octobre

BONDOUKOU - UNIVERSITÉ / JOURNÉE DU 3ÈME ÂGE : Le cri du cœur du Président Djakalia au Préfet de Région

Publié le 06 octobre 2026 à 09:03
Lu 80 fois
Ouattara Djakalia président de l'université de Bondoukou
Ouattara Djakalia président de l'université de Bondoukou

Taxis sans papiers, campus dans le noir : L’Université de Bondoukou interpelle l’État

C’est un plaidoyer sans détour que le Président de l’Université de Bondoukou, le Professeur Ouattara Djakalia, a adressé au Préfet de la région du Gontougo, Préfet du département de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André. C’était ce lundi, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la Journée Internationale des Personnes du Troisième Âge, organisée par la Direction Générale de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), dans la salle de 600 places de l’amphithéâtre de l’Université.
Profitant de la présence de l’autorité préfectorale et de l’ensemble des invités, le premier responsable de la jeune université a dressé le tableau d’une institution en pleine croissance, mais confrontée à deux urgences sécuritaires majeures.

3 024 étudiants, dont 1 600 filles

« M. le Préfet de région, je voulais juste profiter pour dire à l'ensemble des invités que l'université de Bondoukou compte à ce jour 3 024 étudiants », a déclaré le Pr Djakalia. Des étudiants qui suivent au total 14 filières. « Il y a trois filières pour lesquelles vous arrivez ici, c'est un concours. Les autres filières ne sont pas à compétition, mais ce sont des orientations directes. »
Parmi ces effectifs, a-t-il précisé, près de 1 600 filles fréquentent l’établissement. Une présence qui, selon lui, est « sous votre caution et votre encadrement ».
Alors que les enseignements de l’année académique 2026-2027 viennent à peine de démarrer, le Président se veut rassurant : « Les nouvelles sont bonnes. Tout se passe plus ou moins bien ici à l'université. »

Doléance 1 : La route de la mort devant le campus

Le ton est ensuite devenu plus grave. Première doléance : la voie qui passe devant l’université. « Les taxis de Bondoukou font le rallye tous les matins et tous les soirs. On a parlé, on a parlé, on a parlé, on est fatigué. On nous informe que beaucoup de taxis n'ont même pas de papiers », a-t-il alerté.
Une préoccupation vitale, car sur les 3 024 étudiants, près de 2 000 dorment en ville et empruntent quotidiennement cette route, souvent à pied au milieu de la circulation.
« Pour des questions de sécurité routière, nous avons adressé un courrier à M. le Maire pour nous autoriser à installer des dos-d'âne pour réduire la vitesse. M. le Maire a donné son accord. Il nous a orientés vers l’entreprise spécialisée », a expliqué le Président, évoquant la structure Agéoroute. Un projet qui attend désormais le feu vert technique et l’appui du Préfet.

Doléance 2 : Le campus plongé dans le noir depuis avril

Deuxième coup de gueule, l’éclairage public. Depuis le 19 avril, la devanture de l’université est plongée dans l’obscurité. « Je ne sais pas pourquoi c'est nous que la CIE a sélectionné pour mettre dans le noir. Lorsque vous dépassez la clôture de l'université, les lampadaires sont allumés jusqu'à l'hôpital. Mais quand vous arrivez au niveau de la côte de l'université, bizarrement, tous les lampadaires sont éteints », a dénoncé le Professeur Djakalia.
Malgré des courriers adressés à la Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE) et à sa direction régionale d’Abengourou, aucune solution n’a été trouvée. « Avant qu'il n'y ait un drame à cause de l'obscurité, Monsieur le Préfet, apportez-nous votre appui pour que la devanture de l'université soit convenablement éclairée pour la sécurité de nos usagers », a-t-il plaidé.

Un appel lancé après le salut aux couleurs

Ce plaidoyer intervient quelques heures seulement après le traditionnel salut aux couleurs, rituel instauré depuis octobre 2023 et organisé chaque premier lundi du mois au sein de l’institution. Lors de cette cérémonie matinale, le Président Djakalia avait déjà haussé le ton sur plusieurs sujets : interdiction formelle du bizutage après un dérapage signalé lors d’une cérémonie d’accueil de l' École nationale supérieure d'architecture et d'urbanisme ( ENSAU) , interdiction de la cigarette et des stupéfiants sur le campus, obligation stricte du port de l’uniforme à partir des prochaines semaines, et nécessité pour tous les étudiants de finaliser leur inscription.
Un message de fermeté et de rigueur, suivi quelques heures plus tard d’un appel à l’aide pour sécuriser le quotidien de plus de 3 000 jeunes confiés à l’Université de Bondoukou.

Hosanna JP de Chantal