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Samedi, 19 septembre

TANDA - Projet Tchop Ladies : Quand Endeavour Mining fait des femmes le moteur du développement local d'Asafo-Dibibango

Publié le 18 septembre 2026 à 23:18
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Une vue des participants àla rencontre de Tanda
Une vue des participants àla rencontre de Tanda


60 femmes de 11 villages impactés par le projet aurifère seront formées et installées pour assurer la restauration des travailleurs. Un projet d'autonomisation présenté jeudi 10 septembre 2026 à la sous-préfecture de Tanda, qui a particulièrement séduit les premières concernées.

La salle de réunion réhabilitée de la sous-préfecture de Tanda a servi de cadre, ce jeudi 10 septembre 2026, à la séance d'information sur le projet "Tchop Ladies" initié par Endeavour Mining. Une rencontre stratégique en présence du corps préfectoral et de tous les maillons de la chefferie traditionnelle des 11 localités de l'emprise directe du projet Asafo-Dibibango : chefs de villages, présidents des jeunes, mais surtout présidentes des associations de femmes et reines-mères, directement interpellées.

Un modèle d'affaires clé en main pour les femmes

C'est Mme Koné Fatoumata, Superintendante Social Performance à Endeavour Mining, qui a levé le voile sur le concept. "Le projet Tchop Ladies, c'est un projet d'Endeavour qui est implémenté sur tous ses sites et c'est un projet qui vise l'autonomisation des femmes en répondant aux besoins de restauration des travailleurs. Donc, ce projet-là permet de former des femmes, de les outiller et de les installer pour qu'elles puissent faire la cuisine pour nos différents travailleurs", a-t-elle expliqué.
Concrètement, des stands de restauration seront construits sur le site minier et confiés aux bénéficiaires. Une opportunité d'affaires sécurisée avec un marché captif sur plus de 15 ans, durée d'exploitation du site. "Ça permet de les autonomiser, mais aussi ça participe au développement local et ça renforce les relations entre l'entreprise et les communautés impactées", a-t-elle ajouté.
Pour cette phase pilote, 60 femmes seront retenues. Le choix, a insisté Mme Koné, reviendra à chaque village lui-même, d'où la présence exigée de toutes les composantes : "les chefs, les présidents des jeunes, les présidentes des femmes et surtout les reines-mères, que tous ces acteurs soient impliqués." Un appel à la rigueur a été lancé : les villages sont invités à envoyer "les meilleures candidatures, des femmes vraiment engagées, motivées" et qui sauront s'approprier le projet pour devenir autonomes à long terme.

Conséquences directes : du revenu à l'autonomie

Au-delà de l'activité de restauration, les enjeux sont sociaux. Le projet vise une amélioration substantielle des revenus des femmes, avec des retombées immédiates sur le foyer : prise en charge de la scolarité des enfants, contribution aux charges du ménage, capacité d'épargne et de réinvestissement.
C'est le sens de la formule martelée par la responsable : "Qui développe une femme développe une communauté."

Le sous-préfet : "Il y a à gagner dedans"

Kouassi Yoman Oi Yoman, sous-préfet de Tanda qui avait à ses côtés Gballou Gballou Aymar , sous-préfet de Diamba , a, dans son adresse, invité à une mobilisation collective. Après avoir remercié Endeavour Mining pour la réhabilitation de la salle de réunion - "une marque indélébile" laissée à la sous-préfecture - il a exhorté les femmes à saisir l'opportunité. "Aujourd'hui, il est question de vous offrir une autre opportunité, c'est-à-dire permettre à nos mamans de s'insérer dans la restauration. <...> Mesdames, intégrez-vous dans ce projet-là. Il y a à gagner dedans, vous allez avoir des revenus qui vont perdurer sur plus de 15 ans."
Aux hommes présents, il a demandé d'être des relais : "Ça concerne peut-être vos épouses, ça concerne peut-être vos sœurs. Accompagnez-les. Sensibilisez les uns et les autres à s'inscrire dans le projet d'Endeavour."

Réactions : les hommes soutiennent, les femmes se projettent déjà

Si les présidents des jeunes ont salué une "très très bonne idée" qui va aider les familles, à l'image de M. Kwaku Alain de Todjani et M. Ouattara Ali de Kongodja , les réactions les plus attendues étaient celles des femmes.
Présentes en nombre, les présidentes des femmes et les reines-mères n'ont pas caché leur satisfaction. Pour elles, le projet Tchop Ladies répond à une doléance longtemps exprimée : avoir une activité qui ne dépend pas uniquement des travaux champêtres saisonniers. "Nous, les femmes, on a souvent la charge de la maison mais on n'a pas de revenu fixe. Si on peut cuisiner pour la mine et être payées chaque mois, c'est notre autonomie qui commence", confiait à la sortie une présidente d'association féminine d'un village impacté. Une autre, reine-mère, a insisté sur l'aspect dignité et apprentissage : "On nous dit qu'on va nous former, nous donner le matériel. Ce n'est pas seulement donner de l'argent, c'est nous apprendre un métier. Après la mine, on pourra continuer au village avec notre propre maquis ou restaurant. C'est ça qui est bon pour nous."
Pour plusieurs d'entre elles, l'autonomie financière est aussi un levier d'émancipation et de participation au développement local : pouvoir décider, investir pour les enfants et ne plus tendre la main.
La séance s'est achevée sur une note d'espoir. Prochaine étape : la remontée des listes par les villages et le lancement officiel avec la formation pratique des 60 futures Tchop Ladies.

Hosanna JP de Chantal