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Mardi, 15 septembre

GONTOUGO - RHDP : Quand le parti se tire une balle dans le pied

Publié le 15 septembre 2026 à 01:27
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Ouattara Siaka, le "le Lion du Gontougo ' peut il rebondir ?
Ouattara Siaka, le "le Lion du Gontougo ' peut il rebondir ?

L'éviction de Siaka Ouattara de son poste de secrétaire départemental à Bondoukou-Laoudi-Ba relance la guerre des chefs dans le Zanzan. Une décision prise à la Rue Lepic qui interroge à l'orée des régionales.
Bondoukou - Le coup est parti de la Rue Lepic, mais il a résonné très fort à Laoudi-Ba. Le 7 septembre 2026, par décision du Secrétariat exécutif, Siaka Ouattara perd son fauteuil de secrétaire départemental RHDP de Bondoukou-Laoudi-Ba. Il est remplacé par Kouman Ouattara Abou.
Une "victime politique de poids", comme l'a titrée la presse locale. Et un symbole qui vacille : celui que ses partisans surnomment "le lion du Gontougo".

De la coalition à l'oubli

Pour comprendre le séisme, il faut remonter à 2005. Siaka Ouattara élu président du MFA, le Mouvement des Forces d'Avenir, l'un des cinq signataires historiques de l'acte de naissance du RHDP à Paris, aux côtés du RDR, du PDCI, de l'UDPCI et de l'UPCI.
Aux premières heures de la gouvernance Ouattara, il est récompensé : nommé secrétaire d'Etat chargé du Service civique. Puis vient la restructuration. Et depuis, plus rien. Silence radio du côté du président Alassane Ouattara pour l'un de ses compagnons de la première heure.
Hors du gouvernement, l'homme se reconstruit par la base. Deux fois de suite, il se fait élire député de la circonscription 074, Laoudi-Ba, Taoudi, Yézimala. Un ancrage local que personne ne lui conteste, même à Abidjan.

Le lion face à l'éléphant blanc

Mais sa volonté de porter le développement de sa région va se heurter à un mastodonte : Kobenan Kouassi Adjoumani. Ministre d'Etat, président du Conseil régional du Gontougo, coordonnateur régional du RHDP, l'homme que ses fidèles appellent "l'éléphant blanc du Zanzan".
Deux fois, les deux frères du même parti vont s'affronter comme adversaires le ministre d'État Kobenan kouassi adjoumani candidat officiel du RHDP et Ouattara Siaka comme candidat indépendant aux régionales. Deux fois, Adjoumani l'emporte. La dernière victoire, en 2023, sera même confirmée par le Conseil d'Etat après la requête de Siaka Ouattara. Le clash est frontal, personnel. Les accusations fusent. Le Gontougo se coupe en deux. Il faudra toute l'habileté de Gilbert Kafana Koné, président du Directoire du RHDP, pour arracher à la veille de la présidentielle, la réconciliation historique des deux frères. Une image forte, applaudie par les populations et les militants. Dans la foulée, Siaka Ouattara est nommé vice-président de campagne du RHDP et secrétaire départemental en charge de Laoudi-Ba. Les résultats suivent. La page semblait tournée.
Elle ne l'était pas. La consigne du Président bafouée ?

C'est là que le RHDP se tire une balle dans le pied.

Sur instruction ferme du président du parti, Alassane Ouattara, tous les députés sortants devaient être reconduits comme candidats du RHDP aux législatives. A Laoudi-Ba, le sortant, c'est Siaka Ouattara. Il ne sera pas reconduit.
Qui a bloqué ? Selon Siaka Ouattara lui-même, le mécanisme est pourtant clair : "Le fonctionnement du parti, c'est le coordonnateur régional qui devait valider les candidatures avant de les envoyer à la direction." Le coordonnateur régional, c'est Kobenan Kouassi Adjoumani. "Jusqu'à ce jour, je ne connais pas les motifs réels qui ont motivé le ministre Adjoumani à prendre une telle décision", confie l'ex-député.
Commence alors une longue médiation pour le rétablir dans ses droits. Du côté de la Rue Lepic, tout est verrouillé. "Jusqu'à ce jour, ma demande d'audience auprès du secrétaire exécutif Cissé Bacongo est en attente. Et dire que je suis celui-là même qui a conduit le MFA dans l'acte unifié du RHDP, cela laisse à désirer", lâche-t-il, amer. A son corps défendant, il part en indépendant. Il perd. Le parti le sanctionne. Une sanction qu'il assume : "Une sanction que je ne conteste pas car allant dans l'ordre normal du fonctionnement du parti." Mais il pose la question qui fâche et qui aujourd'hui divise Bondoukou : "Aujourd'hui sous sanction, c'est normal qu'on pourvoie à mon remplaçant. Et cela relève de la responsabilité d'Adjoumani de proposer des militants à la direction. Mais la grande interrogation qui fâche : entre celui qui désobéit aux ordres du président du parti et celui qui est victime des conséquences directes de cette désobéissance, qui doit-on sanctionner ?"
La question n'est pas anodine. En 2023, la direction de l'ex-MFA justifiait déjà des sanctions contre Siaka Ouattara parce qu'il était "allé contre le mot d'ordre du Président du Parti". Aujourd'hui, c'est l'inverse qui lui est reproché par sa base : avoir respecté le mot d'ordre du Président, celui de reconduire les sortants, et en avoir été puni par sa propre coordination régionale.
A l'orée des échéances électorales qui arrivent, et notamment des régionales qui se préparent maintenant, est-il opportun de remplacer celui-là même dont toute sa circonscription ne jure que par lui ?
En voulant discipliner un soldat, le RHDP risque de perdre une bataille dans le Gontougo.

Hosanna JP de Chantal