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Mercredi, 26 août

BONDOUKOU - MAOULOUD 2026 : Dans les pas douloureux du Prophète, une ville entière prie pour la paix et l'unité

Publié le 26 août 2026 à 00:24
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Le Secrétaire exécutif du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques de Côte d'Ivoire (COSIM) du Gontougo, El Hadj Timité Hamed Koudous
Le Secrétaire exécutif du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques de Côte d'Ivoire (COSIM) du Gontougo, El Hadj Timité Hamed Koudous

Des milliers de fidèles réunis à l'esplanade d'Imamso pour célébrer la naissance du Prophète Mohamed. Entre rappel des épreuves endurées par l'Envoyé de Dieu et appels pressants à la cohésion et à la préservation des terres.
BONDOUKOU, 25 août 2026 - L'esplanade d'Imamso n'aura pas suffi à contenir la ferveur. Ce mardi matin, dès 9 heures, Bondoukou a vibré au rythme du Maouloud. Guides religieux, chefs de communautés autochtones et allogènes, cadres, jeunes, femmes et anciens, ils étaient des milliers à avoir pris d'assaut le site de Limansso pour commémorer la naissance du Prophète de l'Islam, dans une atmosphère à la fois solennelle, fervente et fraternelle.

Leçon de vie : les épreuves d'un Prophète modèle

Le temps fort de cette édition 2026 aura été la conférence magistrale du Secrétaire exécutif du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques de Côte d'Ivoire (COSIM) du Gontougo, El Hadj Timité Hamed Koudous, sur un thème d'une actualité spirituelle brûlante : "Les difficultés endurées par le Prophète Mohamed (PSL) sur terre".
Devant une foule suspendue à ses lèvres, le conférencier a retracé le parcours d'un homme éprouvé dès le berceau. Orphelin avant même de naître, privé de sa mère à six ans, le jeune Mohamed a connu la précarité. Devenu Prophète, il a affronté l'hostilité de son propre peuple à La Mecque, les moqueries, le boycott économique et social imposé à son clan, les persécutions et les tentatives d'assassinat.
El Hadj Timité Hamed Koudous a rappelé l'épreuve de l'Hégire, cet exil douloureux vers Médine, les batailles défensives pour la survie de la jeune communauté musulmane, mais aussi les deuils intimes et la patience face à l'adversité. "Si le Prophète, l'homme le plus aimé de Dieu, a tant souffert, c'est pour nous enseigner la résilience, la foi inébranlable et le pardon", a-t-il martelé.
Au nom du Grand Imam de Bondoukou, El Hadj Timité Ismaël Latif, il a exhorté les fidèles à transformer ces épreuves en école de vie, en promouvant à Bondoukou les valeurs de piété, de paix et de fraternité.
Plus tôt dans la matinée, El Hadj Ahmad Koudouss, adjoint au Grand Imam de Bondoukou, avait ouvert les enseignements en invitant chaque musulman à s'inspirer au quotidien de cette vie de sacrifice. Il n'a pas manqué d'interpeller les cadres du Gontougo : "Il ne faut pas attendre uniquement les périodes électorales pour exprimer sa solidarité à la communauté". Un tacle direct, applaudi par la foule. Il a également lancé un appel à la prudence face à la recrudescence des accidents mortels de motos qui endeuillent la ville.

Prières pour la Nation et pour le Président

Au nom du Ministre d'État, Conseiller spécial du Président de la République, Kobenan Kouassi Adjoumani, le député de Sapli-Sépingo, Kouman Abou Ouattara, a rappelé le cœur du message prophétique : le pardon, la justice, l'unité, l'entente et surtout la paix.
"Le Prophète a prôné le pardon, la justice, l'unité, l'entente et surtout la paix", a-t-il souligné.
Porteur du message du Ministre, il a invité les Imams à formuler des prières intenses pour le Gontougo, pour que l'union et la cohésion continuent de prévaloir entre les populations et entre ses cadres. Et surtout, des prières pour la Côte d'Ivoire et pour le Président Alassane Ouattara. "Le ministre a demandé aux imams de prier pour la Côte d'Ivoire, pour la paix dans notre beau pays et pour le président de la République, afin qu'il ait la santé et la force pour continuer le développement de notre pays", a rapporté le député.

L'appel du Préfet : "Arrêtez de détruire le sol de nos enfants !"

Le Maouloud a pris une tournure plus grave avec l'intervention du Préfet de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André. Face aux chefs de villages et aux chefs de Kabla présents, il a lancé un cri de cœur contre le fléau qui ronge le département : l'orpaillage clandestin.
D'un ton ferme, il a dénoncé la destruction des parcelles agricoles et la pollution des cours d'eau, véritable menace existentielle pour l'environnement et les moyens de subsistance. "Les parents chefs de village, je vous en prie, arrêtez de détruire le sol de nos enfants et de nos petits-enfants. Aujourd'hui, l'orpaillage clandestin est en train de nous tuer. Nos parcelles sont détruites, nos eaux sont polluées", a-t-il dénoncé.
Il a exhorté les autorités traditionnelles à devenir les relais de l'État, à sensibiliser ceux qu'il a qualifiés d'amateurs "d'argent facile" et a averti que tout contrevenant pris en flagrant délit sera conduit devant les services compétents.
La célébration s'est achevée dans un moment de recueillement intense, par des prières et des bénédictions pour la paix en Côte d'Ivoire, la cohésion dans le Gontougo et le bien-être de toutes les populations.

Hosanna JP de Chantal