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Lundi, 24 août

FESTIVAL DU ZANZAN : LE COUP DE GONG QUI RÉVEILLE L’ÂME DU GONTOUGO - DIDIER YÉBOUA DÉVOILE TOUT !

Publié le 22 août 2026 à 23:16
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Didier Kouamé Yéboua, Commissaire Général, du Zanzan Festival
Didier Kouamé Yéboua, Commissaire Général, du Zanzan Festival
Après 4 ans d'absence, Bondoukou renoue avec son festival mythique. Son Commissaire Général, Didier Kouamé Yéboua, s'est confié sur le plateau du 20H de la RTI le samedi 22 août 2026. Révélations sur un festival pas comme les autres._
C'est l'événement culturel qui a fait battre le cœur de tout le Nord-Est. Du 13 au 15 août 2026, Bondoukou a vibré au rythme de la 13e édition du Festival du Zanzan. Un retour triomphal après quatre ans de silence. Sur le plateau de "La Page Culture", son Commissaire Général, Didier Kouamé Yéboua, a levé le voile sur les raisons de cet arrêt et sur l'avenir de ce patrimoine unique.

POURQUOI 4 ANS D’ARRÊT ? LA VÉRITÉ ENFIN DITE

Nommé seulement un mois avant l'événement, le Commissaire a d'abord tenu à remercier la RTI et le Ministère de la Culture et de la Francophonie, initiateur du festival en 2008. L'arrêt, explique-t-il, était nécessaire. "C'était devenu nécessaire pour réfléchir, pour réorienter le festival afin qu'il soit plus impactant pour les populations de la région du Gontougo", confie-t-il. Un temps de pause pour repenser le modèle, avant que le Conseil Régional ne le récupère. Et c'est le Ministre d'Etat, Kobenan Kouassi Adjoumani , Président du Conseil Régional, qui a décidé de le remettre en marche.

12 ETHNIES, 1 SEUL PEUPLE : LE MIRACLE BONDOUKOU

C'est ce qui fait la force du Zan-Zan. Ce n'est pas le festival des Abron ou des Lobi. C'est le festival des 12 communautés qui cohabitent à Bondoukou : Abron, Lobi, Koulango, Nafana, Malinké, etc. "Ça préfigure la Côte d'Ivoire de demain, la Côte d'Ivoire du brassage, du métissage et nous le vivons sur notre sol", lance Yéboua avec fierté.
Chacune a gardé son âme. "Le mode de vie des Abron est différent du mode de vie des Lobi qui est lui-même différent du mode de vie des Malinké". Un musée vivant à ciel ouvert que le festival veut préserver.
L'objectif est clair : faire connaître notre patrimoine, apprendre aux enfants comment les anciens dansaient, tapaient les tam-tams avec le langage tambouriné, avec des objets d'art, avec l'art culinaire ancien. Une mission de transmission intergénérationnelle.

LE BILAN DES 12 PREMIÈRES ÉDITIONS : ÉLOQUENT

Loin d'être un simple divertissement, le festival du Zanean a déjà changé des vies. Didier Yéboua dresse un bilan impressionnant :
- Un inventaire culturel complet : danses folkloriques, spirituelles, sacrées, de réjouissance recensées
- Un musée enrichi: les objets d'art collectés exposés aujourd'hui au musée de Bondoukou
- Un tremplin pour la jeunesse : "grâce à ce festival, il y a des jeunes de Bondoukou aujourd'hui qui sont à l'INSAAC. Des troupes qui ont été régulièrement invitées à l'extérieur."

13e ÉDITION : L'ÉDITION DE TOUTES LES INNOVATIONS

Malgré un délai ultra-court, l'équipe a frappé fort. Cette année, le festival a vu grand :
- Une ouverture totale: Deux communautés invitées, les Baoulé et une communauté togolaise, ont partagé leur savoir-faire.
-La gastronomie à l'honneur : Les mets traditionnels et anciens exposés, une autre coloration qui a séduit.
-Le District uni : Pour la première fois, la dimension District a été affirmée avec la venue de la danse Yaka-Yaka de Bouna. "À partir de l'année prochaine, ce sera tout le district, Gontougo et Bounkani", promet-il.
- L'économie qui tourne : Tisserands, potières de Motiamo, vendeurs d'igname... "Les hôtels affichent complet, les maquis, les restaurants, on sent un engouement".
Le thème 2026 n'a pas été choisi au hasard : "La culture en héritage, l'unité en partage". Un pansement pour une région longtemps fragilisée par les divisions, pour célébrer la parenté à plaisanterie et l'alliance inter-ethnique.

LA GRANDE NOUVEAUTÉ : LE FESTIVAL CHANGE DE DATE

C'est l'annonce forte de cette édition. Fini le mois d'août. Sur instruction du Ministre d'Etat Adjoumani, le festival du Zanzan se tiendra désormais entre avril et mai. Pourquoi ? "Justement pour pouvoir faire participer nos élèves et nos étudiants. Bondoukou est une ville universitaire et quand on parle de transmission à la nouvelle génération, c'est bien de ceux-là qu'on parle", explique le Commissaire Général.
L'entrepreneuriat culturel est aussi au cœur du projet. Des professionnels sont venus former les artisans à "tenir une petite entreprise, comment faire pour fructifier les affaires".

LE RETOUR EST DÉFINITIF

À la question "ce retour est-il définitif ?", la réponse est sans appel : OUI. Le Ministre d'Etat a donné sa garantie et a dépêché le Sénateur Kossonou, premier vice-président du Conseil Régional, pour veiller à ce que le festival soit définitivement relancé. Le rendez-vous est déjà pris pour avril-mai 2027 pour la 14e édition. Et Didier Kouamé Yéboua de conclure avec un appel vibrant : "Vive la 14e édition l'année prochaine ! On remercie encore la RTI qui fait la promotion de ce festival". Bondoukou a retrouvé son âme. Le Zanzan a retrouvé son festival.

Hosanna JP de Chantal