Face à une ville qui s'étend sans limite, le maire mise sur la décentralisation commerciale pour rapprocher le commerce des populations et transformer la cité en moteur économique régional.
La vision est claire, et elle se déploie quartier par quartier. Depuis son arrivée à la tête de la municipalité, le Maire OUATTARA ANZOUMANA a fait du développement économique local l'un des deux piliers de sa gouvernance. « Cette année, nous consacrons 50% de nos ressources aux écoles et 50% aux projets marchands, car il faut aussi lutter contre la pauvreté et créer des revenus », expliquait-il récemment, une orientation saluée par le préfet pour sa « transparence et ses idées novatrices ».
Dans une commune de Bondoukou qui, de l'aveu même des autorités, n'a plus de limites tant son extension est rapide, l'enjeu n'est plus seulement de construire un grand marché central, mais bien de décentraliser l'activité commerciale. Une stratégie de proximité pour désengorger le centre-ville, réduire les coûts de déplacement des ménages et créer des opportunités au cœur des quartiers.
Le Zanzan, laboratoire de la proximité
L'illustration la plus récente de cette dynamique est le petit marché du Zanzan. Après l'aménagement et la construction de latrines, l'adduction en eau potable et l'électrification, la municipalité passe à la vitesse supérieure avec la construction de 45 magasins au sein dudit marché.
À travers ces travaux, la municipalité sous la direction du dynamique maire poursuit sa vision de créer des marchés modernes dans les différents quartiers de Bondoukou. À terme, ce marché contribuera à créer des opportunités pour les jeunes et les femmes, à soutenir les activités commerciales et à participer au développement économique du quartier Zanzan.
Ce n'est pas un cas isolé. Le quartier Zanzan avait déjà bénéficié en septembre 2025 d'un appui de 15 millions de FCFA aux projets agricoles des femmes et des jeunes pour renforcer leur autonomisation. Le marché vivrier du quartier Lycée, dont la construction figure parmi les projets structurants en cours de la mairie, obéit à la même logique. Tout comme le projet d'aménagement du Jardin de la Paix en un espace culturel et gastronomique, qui doit allier loisirs, restauration locale et valorisation du patrimoine.
Cette politique s'inscrit dans un mouvement plus large annoncé en février 2026 : la construction d'un centre commercial SOCOCE sur le site de la tribune, en face du grand marché, pour « instaurer une concurrence loyale » et « alléger le coût du panier de la ménagère ».
L'épreuve de l'incendie du Grand Marché
C'est dans cette dynamique de modernisation que l'incendie du bâtiment central du Grand Marché est venu comme un coup d'arrêt brutal. Dimanche 12 juillet 2026 aux environs de 19h30, un feu, dont l'origine serait un court-circuit électrique, a ravagé le bâtiment principal et plusieurs magasins attenants.
Le bilan est lourd : plus de 2,3 milliards de francs CFA de préjudice provisoire et 799 commerçants sinistrés recensés, sans heureusement faire de victimes. Un drame qui a d'autant plus marqué que le bâtiment était en instance de rénovation pour cette année 2026.
Loin de freiner la municipalité, le sinistre a paradoxalement confirmé la pertinence de la stratégie de décentralisation. Le gouvernement, les cadres du Gontougo et de nombreuses ONG se sont mobilisés pour la reconstruction, mais sur le terrain, les petits marchés de proximité ont joué leur rôle d'amortisseur pour les populations.
Cap sur Abema, Soko 2 et Wolekei
Pour l'équipe municipale, il ne faut donc pas s'arrêter en si bon chemin. Au-delà des réalisations actuelles, la prochaine étape est. Certainement déjà tracée au grand bonheur des populations : envisager la création de nouveaux marchés dans les zones en forte expansion.
Trois sites sont aujourd'hui plébiscités par les habitants : le quartier Route d'Abema, Soko 2 et la Route de Wolekei du côté de la Cité Universitaire. Des quartiers densément peuplés, jeunes, où la demande en produits vivriers et manufacturés explose, mais où l'offre commerciale structurée fait encore défaut. Reste à l'équipe municipale de valider cette demande des populations.
Si ces projets voient le jour, Bondoukou ne sera plus seulement une ville avec un grand marché, mais une ville de marchés. Un maillage commercial qui, sous l'impulsion du Maire OUATTARA ANZOUMANA, entend faire de la commune le véritable poumon économique au bénéfice de tout le District du Zanzan.
Hosanna JP de Chantal