En misant simultanément sur la cohésion par le sport et l'autonomisation par la mobilité, la Sous-préfecture de Boahia pose les bases d'un nouveau modèle de développement local.
BOAHIA, 12 août 2026 – Ce n'est pas une simple réunion administrative qui s'est tenue ce mercredi à la Sous-préfecture de Boahia. C'est une offensive sociale. Sous la présidence de Mme Dayouyebia Dina Bénédicte Michaelle, Sous-préfète de Boahia, et à l'initiative du Ministre et Député de Boahia et Kouassi-Datékro, M. Azoumana Moutaye, les chefs de villages, présidents de jeunes et responsables sportifs ont acté deux décisions qui pourraient changer le quotidien de centaines de familles.
Au menu : un ballon rond pour recoudre le tissu social, et un permis de conduire pour ouvrir la route de l'emploi.
Le "Tournoi de l'Unité" : plus qu'un tournoi, un antidote à la fracture
Premier acte fort : le lancement officiel du "Tournoi de l'Unité". Dix équipes, dix villages, un seul maillot : celui de la cohésion. Chaque formation a reçu un jeu complet de maillots et des ballons, symbole du coup d'envoi imminent. Loin d'une simple animation de vacances, l'enjeu est crucial. Impact social : Dans une région où l'oisiveté des jeunes est souvent le terreau de l'exode rural, de la délinquance et des conflits inter-communautaires, le sport s'impose comme un régulateur social puissant. Le tournoi vise à : Renforcer le vivre-ensemble entre des villages parfois isolés. Occuper sainement la jeunesse pendant cette période sensible. • Inculquer la discipline, le respect de l'adversaire et l'esprit d'équipe, des valeurs transposables dans la vie citoyenne. "Ce tournoi va au-delà du sport. Il est un instrument de paix", ont martelé le Ministre et Madame la Sous-préfète, devant une assemblée de chefs traditionnels qui ont salué une initiative "qui parle le langage des jeunes".
Le verdict du terrain est survenu dès ce vendredi 14 août à 16h au stade de Krakro, avec le choc inaugural Boahia A contre Daboyaokro.
Le permis à prix cassé : le sésame économique à 80 000 FCFA
Deuxième levier, tout aussi stratégique : la mobilité. En partenariat avec une auto-école, une vaste opération d'accès au permis de conduire a été annoncée.
Et les tarifs défient toute concurrence : 80 000 FCFA pour le permis A (moto) et 100 000 FCFA pour le permis toutes catégories. Impact économique : Ici, l'impact est direct, mesurable et immédiat sur le pouvoir d'achat des ménages.
Dans le Gontougo, le permis n'est pas un luxe, c'est un outil de travail. C'est la possibilité de devenir chauffeur de taxi-moto, conducteur de tricycle, chauffeur personnel, livreur, ou de créer sa propre activité de transport agricole. C'est la fin de la dépendance et le début de l'autonomie financière.
En cassant la barrière du prix - qui dépasse souvent 200 000 FCFA ailleurs - cette opération lève le principal frein à l'insertion socio-professionnelle des jeunes. C'est un investissement sur le capital humain. Chaque permis obtenu, c'est potentiellement une famille sortie de la précarité et une économie locale qui circule plus vite.
Seule condition pour démarrer : mobiliser 100 candidats. Un appel a donc été lancé aux leaders communautaires pour un porte-à-porte massif. Une réunion similaire est déjà annoncée la semaine prochaine à Kouassi-Datékro.
Une stratégie qui cible le coeur du problème
En refermant la rencontre à 13 heures autour d'un déjeuner fraternel offert par le Ministre Moutaye à son domicile, le message était clair : Boahia ne veut plus seulement gérer sa jeunesse, elle veut l'investir.
D'un côté, on unit pour éviter que la communauté ne se fissure. De l'autre, on donne les moyens de partir, de revenir et de réussir sur place.
Sport pour la paix sociale, permis pour la puissance économique. Le pari de Boahia est double, mais sa portée est unique.
Hosanna JP de Chantal