A l'observation, la Côte d'Ivoire est un Etat indépendant. Depuis le 7 août 1960, notre pays n'est plus sous la domination coloniale française. L'indépendance confère la personnalité juridique à l'Etat, subsequement, un sujet de droit international. De ce qui précède, la Côte d'Ivoire n'est soumise à aucune subordination formelle au niveau international. La Côte d'Ivoire a ses institutions politiques et son ordonnancement juridique propres.
Ce n'est pas assez d'être indépendant, le principal, pour un État, consiste à être souverain. Un Etat est souverain lorsqu'il exerce la plénitude, l'exclusivité de ses compétences nationales et internationales. La souveraineté est la capacité de l'Etat à répondre aux besoins fondamentaux des citoyens, à contrôler les destinés.
On peut avoir l'illusion de l'indépendance et edicter ses propres lois sans avoir aucune prise sur les événements politiques, économiques, sociaux et culturels. L'Etat perd alors sa souveraineté. Par opposition à l'indépendance qui est un fait acquis, la souveraineté est une quête perpétuelle et plurielle. Elle est politique, économique, monétaire, militaire et culturelle. L'article 48 constitution dispose que l'Etat de Côte d'Ivoire est une république indépendante et souveraine. Cependant, des questions surgissent et persistent. Le fait d'être encore lié à des mécanismes financiers et monétaires hérités de la colonisation, le surendettement public (57,1% du PIB), la prépondérance des entreprises multinationales étrangères dans notre économie ne sont-ils pas de nature à fragiliser notre souveraineté ?
Le projet monétaire de l'eco, le départ négocié du 43e BIMA sont symptomatiques d'une volonté politique souverainiste salutaire. On peut faire davantage. A l'analyse, la célébration des 66 ans d'indépendance est une invitation à la réflexion et surtout à l'action politique...
Bonne fête de l'indépendance à tous!
Geoffroy- Julien Kouao
Politologue et essayiste