YÉZIMALA, 25 juillet 2026 – Le PPA-CI vient de frapper fort dans l'Est. Ce samedi, le district du Zanzan a vécu une mobilisation d'une ampleur inédite à Yézimala, département de Bondoukou, à l'appel du SGA chargé du district, Kouakou K. Narcisse.
Une démonstration de force qui repositionne le parti de Laurent Gbagbo dans une zone longtemps considérée comme sa faiblesse stratégique.
Un décor de jour historique à Yézimala
Dès 9h, la route revêtu de bitume en chantier de Yézimala ne désemplit pas. Motos, tricycles, convois venus de Kounfao, Tanda, Bondoukou Bouna, Doropo, Téhini, Sandégué, Taoudi, Tagadi. ...Dans une place publique aménagée en agora, des centaines de chaises blanches, vite prises d'assaut. Des bâches aux couleurs du parti, une tribune modeste floquée à l'effigie de Laurent Gbagbo, et un soleil de plomb qui n'a découragé personne.
Symbole fort : en première ligne, Sa Majesté Kouamé Kouman Henri, chef du village de Yézimala, en tenue traditionnelle Koulango, entouré de ses pairs et notables de la sous-préfecture. La chefferie a donné sa bénédiction. Le message est clair : Yézimala accueille ses fils.
Autour, tout l'appareil du PPA-CI du Zanzan : la SNA de la Ligue des Femmes Sylvie Bekoula, les Secrétaires Généraux de Fédérations, Sections et Comités de Base, les MCC, le Comité de Contrôle, les SN de la CAP Gontougo et Bounkani, les orateurs des Agoras, les anciens cadres de la Ligue des Jeunes et des Femmes. Le Zanzan militant au grand complet.
Une ambiance électrique
Ce n'était pas un meeting, c'était une revue des troupes. Chants, slogans "Gbagbo oh yé !", youyous assourdissants des femmes. Chaque délégation qui entrait déclenchait une ovation. Le fédéral hôte, Kouamé Francis, président du comité d'organisation, le reconnaît, ému : mobilisation "exemplaire et exceptionnelle". La pression était maximale, le pari est gagné.
Narcisse Kouakou : "Gbagbo est un immortel"
Le moment fort arrive avec la prise de parole du SGA. Fils du Gontougo, Kouakou Narcisse explique sa mission, confiée directement par Laurent Gbagbo après le dernier Congrès : renouer avec la base et implanter le parti dans les profondeurs du pays. Le Bounkani, dit-il, est une priorité absolue.
Son discours est offensif :
"Pour beaucoup, le Président Gbagbo est considéré comme mort, à jeter à l'oubliette. Mais vous qui êtes ici, vous êtes la preuve que Gbagbo est un monument immortel. Un esprit ne meurt pas. Gbagbo est vivant, en très bonne santé, et il vous salue."
Il place le Pacte Social, les 7 piliers du projet de Gbagbo, au cœur de l'offensive. Dans un Zanzan miné par l'enclavement, la pression foncière et l'orpaillage, il le présente comme la seule réponse crédible à la cherté de la vie, à l'école et à la santé.
Puis l'avertissement organisationnel : fini le militantisme verbal. Place à la carte. Il annonce 5 000 fiches d'adhésion distribuées sur-le-champ. Objectif : que Gbagbo sache exactement combien de militants il a à Yézimala, à Laoudiba, à Sapi.
Sylvie Bekoula charge le pouvoir
Sylvie Bekoula enfonce le clou : "Celui qui est à la tête du Zanzan, c'est Narcisse Kouakou. Le respecter, c'est respecter Gbagbo."
Elle attaque bille en tête le bilan du pouvoir : "On nous a vendu du rêve. Cacao cher, anacarde cher, hévéa à 300F, sac de riz moins cher. Quel est le constat ? La Côte d'Ivoire est riche mais 80% des jeunes qui demandent l'asile en France sont des Ivoiriens. Pourquoi nos enfants traversent l'eau ?"
Pour elle, le PPA-CI doit aller chercher ceux qui se sont "trompés" : "Qu'ils reviennent à la maison."
À Yézimala, le PPA-CI a transformé un simple meeting interne en acte fondateur. Le Zanzan n'est plus un angle mort. Il est devenu le nouveau front de la reconquête.
Hosanna JP de Chantal