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Vendredi, 26 juin

Bondoukou : Le Pardon qui Ébranle les Cœurs – Quand le Maire Préfère la Réconciliation à la Répression

Publié le 26 juin 2026 à 08:30
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Le Maire Ouattara Anzoumana et Mr.Adingra Carter
Le Maire Ouattara Anzoumana et Mr.Adingra Carter

Bondoukou, le 26 juin 2026 – L’affaire avait fait grand bruit dans les couloirs de la mairie et au-delà. Des propos qualifiés de « particulièrement injurieux et irrespectueux », tenus par Mr.Adingra Carter à l’encontre de la première autorité municipale, avaient conduit au dépôt d’une plainte. Le chemin semblait tout tracé : une procédure judiciaire dont beaucoup attendaient qu’elle suive son cours normal, jusqu’à son terme.
Pourtant, contre toute attente, l’histoire a pris un tournant radicalement différent, empreint de sagesse et d’une grandeur d’âme qui force le respect. Fidèle aux valeurs de paix, de tolérance et de rassemblement qu’il incarne, Monsieur le Maire a choisi la voie de l’apaisement plutôt que celle de la confrontation judiciaire.

La Médiation Coutumière : Un Pont Jeté sur le Conflit

L’élément déclencheur de ce revirement de situation est une démarche de conciliation initiée par le frère Carter lui-même. Accompagné de plusieurs autres frères, dont le Président de la Jeunesse Communale, Samby Valentin , il s’est rendu auprès de Nanan Adou Bibi II, Chef de la province Pinango, pour solliciter sa médiation. Face à cette intervention de l’éminente autorité coutumière, le Maire a fait un choix qui en dit long sur son caractère et sa vision de la gouvernance.
Par respect pour cette institution traditionnelle et pour l’esprit de dialogue qu’elle représente, il a accepté de retirer la plainte qu’il avait déposée. Un acte fort, symbolique, qui a été concrétisé par le Chef du Service Administratif de la mairie, M. Konin Samuel, et le conseiller municipal Idrissa Ouattara, mandatés pour effectuer les démarches nécessaires auprès du tribunal.

« Un Acte de Pardon Exceptionnel »

Les proches du Maire insistent : ce retrait n’est en aucun cas un signe de faiblesse. Bien au contraire. Il est présenté comme « la preuve éclatante d’une grandeur d’âme, d’une maturité politique et d’un profond attachement à la paix sociale ». Dans un communiqué rendu public, ses collaborateurs ont souligné : « Là où certains auraient choisi la rigidité, Monsieur le Maire a privilégié le pardon. Là où d’autres auraient nourri le ressentiment, il a choisi la réconciliation. »
Cet acte de clémence s’inscrit dans un processus de réparation. Le frère Carter, reconnaissant la gravité de ses propos, s’est engagé à renouveler officiellement ses excuses. Cet engagement sera concrétisé en présence de Nanan Adou Bibi II dès le retour du Maire d’une mission officielle au Royaume du Maroc. Une manière de sceller la réconciliation sous les auspices de la coutume et de la communauté.

Une Leçon de Leadership en Temps de Crises

L’épisode transcende la simple résolution d’un conflit interpersonnel. Il est érigé en exemple de leadership et d’humanisme politique. « L’histoire retiendra qu’au moment où il pouvait légitimement faire valoir toute la rigueur de la loi, il a préféré tendre la main, préserver la paix et donner une leçon de responsabilité », peut-on lire dans le communiqué.
Dans un contexte social souvent tendu, où les querelles peuvent rapidement dégénérer, ce geste est présenté comme un antidote à la division. Il rappelle que l’autorité peut aussi s’exercer par la magnanimité et que la cohésion sociale se construit parfois en renonçant à exercer un droit pourtant légitime.
« Les grandes personnalités ne se distinguent pas seulement par leur pouvoir de décision, mais surtout par leur capacité à pardonner. Et sur ce point, Monsieur le Maire vient une fois de plus d’en faire une démonstration remarquable », conclut le texte.
Alors que Bondoukou observe ce dénouement inattendu, une question demeure : ce pardon, aussi noble soit-il, suffira-t-il à apaiser durablement les tensions et à instaurer un nouveau climat de respect mutuel ? La réponse se jouera dans les actes quotidiens et le respect des engagements pris. Pour l’heure, la balle est dans le camp de la réconciliation.

Hosanna JP de Chantal