L'air du Zanzan vibre d'une effervescence particulière. Ce vendredi 19 juin 2026 dans la cour de la Mairie de Tanda, plus d'un millier d'agriculteurs, le visage marqué par le soleil mais illuminé d'espoir, ont écrit une page d'histoire. Sous un patronage prestigieux et devant les plus hautes autorités régionales et nationales, une opération d'envergure a été lancée, promettant de révolutionner les champs et de booster durablement la production. Le ton était donné, ferme et ambitieux : « Ça va taper fort à Tanda ».
L'événement, intitulé « Vibrer au rythme d'une agriculture debout et propre », était orchestré par le Cercle d'Actions des Leaders Actifs pour le Développement de Bondoukou (CALAB), présidé par l'infatigable Serges Gla Kouassi. Il a bénéficié du haut patronage de Kobenan Kouassi Adjoumani, Ministre d’État, Conseiller Spécial à la Présidence de la République, et Président du Conseil Régional du Gontougo. le patronage de M. Kone Amadou, Directeur de Cabinet du Haut Représentant du Président et Maire de Tanda, et sous la présidence du Préfet de la Région du Gontougo et du Département de Bondoukou. Les parrainages de personnalités comme le député Inouss Kouanda et le Dr Adjoumani Jean-Jacques . Une mobilisation qui en dit long sur l'importance stratégique accordée à cette initiative.
Le geste qui concretise la coopération
Le moment phare de cette journée a été la remise officielle de matériels agricoles par le Comité de Coopération Décentralisée (CCD), une délégation française venue de la commune de Freize, emmenée par Claude Jacquot, Maire Honoraire, et Michalovitch Françoise Simone. Une subvention de 20 000 euros (environ 13 millions de FCFA) a ainsi été transférée au CALAB pour l'acquisition d'équipements mécaniques. Un symbole fort qui marque le passage d'une agriculture de subsistance, souvent manuelle et pénible, vers une ère de mécanisation.
« Les pieds ne vont pas là où le cœur n'est pas », a lancé, ému, le député Inouss Kouanda, prenant la parole au nom du ministre d'État Kobenan Kouassi Adjoumani et des parrains. S'adressant aux partenaires français, il a ajouté : « Vous avez parcouru plus de 6000 kilomètres... si vous êtes ici, c'est parce que votre cœur crépite d'amour pour cette belle localité de Tanda. Vous avez frappé à la bonne porte. Tanda est une terre de travailleurs, d'accueil, et qui sait donner et recevoir. » Un discours qui a trouvé un écho vibrant dans l'assistance.
Les ambitions structurantes
d'un partenariat réussi
Cette opération n'est pas un simple don. Elle porte une ambition multiple :
Moderniser les outils : Rompre avec la houe et la daba pour gagner en efficacité et réduire la pénibilité. Structurer la filière : En s'appuyant sur les coopératives du CALAB, renforcer le pouvoir de négociation et l'accès aux marchés des producteurs.
Booster la productivité : Augmenter les surfaces cultivables et optimiser les rendements pour améliorer les revenus des familles.
Consolider la coopération : Incarner un partenariat réussi entre une collectivité française et les acteurs locaux, avec transfert de compétences.
« Nous allons envahir toute la Côte d'Ivoire et changer le coût de la vie de nos concitoyens », a déclaré avec fougue Serges Gla Kouassi, le président du CALAB. Il a révélé l'origine inattendue de ce partenariat : « Le CALAB a eu ce partenariat aujourd'hui grâce a Facebook. » Un plaidoyer pour l'usage intelligent des réseaux sociaux. Il a aussi évoqué le labeur derrière cette réussite : plus de 380 villages visités à moto, des accidents, mais une détermination inébranlable.
Du matériel aujourd'hui, de l'eau potable demain ?
Claude Jacquot, président du CCD, a expliqué la logique du soutien : « On a souhaité financer une association qui regroupe les coopératives... c'est plus facile et plus impactant. » Impressionné par « la ferveur et la solidarité » locale, il a esquissé des perspectives : un nouveau projet déposé pour 2026-2027 et, surtout, un projet ambitieux sur l'eau et l'assainissement, qui pourrait être financé à hauteur de 70 à 90%. « Sans eau, il n'y a pas d'agriculture possible », a-t-il rappelé, soulignant l'urgence de l'accès à l'eau potable.
Les autorités locales ont salué cette dynamique. M. Albert Appia, troisième adjoint au maire de Tanda, a assuré que la mairie « ne va pas lésiner sur les moyens pour accompagner cette jeunesse ». Il a lancé un appel : « Il est bien que la jeunesse... revienne à ses sources pour prendre à bras le corps cette terre, car elle ne trahit jamais. »
Une graine d'espoir plantée dans la terre fertile du Gontougo
L'événement de Tanda est bien plus qu'une cérémonie de remise de matériel. C'est le signal fort d'une transition agricole en marche dans le Zanzan. La convergence des volontés – autorités, société civile organisée (CALAB), et partenaires internationaux – crée un terreau fertile pour l'innovation. La mécanisation n'est qu'un premier pas. La promesse d'un accompagnement sur l'eau et la structuration des filières laisse entrevoir un avenir où le Gontougo pourrait non seulement assurer sa souveraineté alimentaire, mais aussi devenir un grenier pour la Côte d'Ivoire. Le défi est immense, mais à Tanda, ce 19 juin, la graine de l'espoir a été plantée. Et elle a été arrosée par la sueur des paysans, la détermination des leaders et la solidarité internationale. L'attente désormais est celle des premières récoltes de cette révolution silencieuse.
Hosanna JP de Chantal