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Mercredi, 17 juin

Enseignement supérieur : Adama Diawara ouvre l’atelier ACE INNOVATE dédié à l’employabilité des diplômés

Publié le 17 juin 2026 à 15:22
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Une vue des participants
Une vue des participants


Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Adama Diawara, a procédé, le mardi 16 juin 2026 à Abidjan, à l’ouverture d’un atelier consacré à l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail.
Cette rencontre de trois jours, organisée à l’immeuble CRAE-UEMOA au Plateau, s’inscrit dans le cadre du projet ACE INNOVATE, porté par le ministère avec l’appui de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD).
Cet atelier réunit pendant trois jours des responsables d’universités, des chercheurs, des représentants du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les échanges portent notamment sur l’identification des compétences les plus demandées dans les secteurs clés de l’économie ivoirienne, le renforcement des capacités des institutions de formation et le développement de passerelles plus solides entre les établissements d’enseignement supérieur et le monde de l’entreprise.
Dans son allocution d’ouverture, le Professeur Adama Diawara a présenté ACE INNOVATE comme une nouvelle étape dans la transformation de l’enseignement supérieur africain. Selon lui, le programme ambitionne de dépasser la logique des centres d’excellence isolés pour impulser une mutation durable et inclusive de l’ensemble du système.
Le ministre a expliqué que cette initiative repose sur quatre axes majeurs : le renforcement des capacités des Centres africains d’excellence et de leurs universités d’accueil, l’élargissement de l’accès aux compétences de niveau supérieur à travers des consortiums nationaux associant universités, grandes écoles et employeurs, le développement des partenariats entre universités et industries, ainsi que l’intensification de la coopération régionale.
L’une des innovations majeures du projet réside dans la valorisation des compétences intermédiaires. Pour le ministre, la formation ne se limite pas aux cursus d’ingénieurs ou aux études doctorales. Elle englobe l’ensemble du parcours éducatif, depuis les certifications courtes et les formations professionnelles jusqu’aux cycles universitaires supérieurs.
« Nos industries ont besoin de techniciens qualifiés. Sans eux, les infrastructures et les projets de développement ne peuvent produire tous leurs effets », a-t-il souligné. Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de revaloriser l’enseignement technique et professionnel post-baccalauréat ainsi que les futurs Instituts universitaires de technologie.
Le Professeur Diawara a également rappelé les réformes engagées par son département ministériel. Parmi celles-ci figure la réforme du Brevet de technicien supérieur (BTS), désormais achevée et en attente de son adoption officielle. Le ministère poursuit par ailleurs la modernisation des formations de licence et de master sur l’ensemble du territoire national, ainsi que la restructuration des études doctorales afin de renforcer la recherche scientifique et le renouvellement du corps enseignant.
Pour le ministre, l’enjeu central demeure l’employabilité des diplômés. Il a insisté sur la nécessité d’aligner les programmes de formation sur les besoins réels de l’économie et des chaînes de valeur prioritaires. « Un diplôme n’est pas une simple distinction académique. Il doit ouvrir les portes de l’emploi, de l’entrepreneuriat, de la recherche et de l’innovation », a-t-il affirmé, plaidant pour une plus grande implication des entreprises dans les processus de formation.

Le président du comité d’organisation, Vamara Touré, chef de Cabinet du ministre Adama Diawara, a pour sa part indiqué que les échanges permettront d’identifier les métiers émergents et les compétences recherchées dans les secteurs stratégiques, tout en favorisant la création de consortiums nationaux et le renforcement des partenariats entre universités et entreprises.
De son côté, le directeur de l’AFD en Côte d’Ivoire, Adrien Haye, a souligné que la nouvelle phase du programme vise à diffuser l’excellence au-delà des seuls centres spécialisés afin de produire un impact plus large et plus durable sur l’économie nationale.
Le représentant de la Banque mondiale, Modibo Sidibé, a rappelé l’ampleur du défi de l’emploi des jeunes en Afrique de l’Ouest. Il a notamment relevé qu’en Côte d’Ivoire, près de 500 000 jeunes arrivent chaque année sur un marché du travail largement dominé par le secteur informel. Selon lui, les universités et centres de recherche doivent désormais former des diplômés dont les compétences répondent davantage aux besoins des économies locales.
Prévu du 16 au 18 juin 2026, l’atelier ACE INNOVATE devrait déboucher sur des recommandations destinées à renforcer la pertinence des formations supérieures et à améliorer l’insertion professionnelle des diplômés.
O.L