Lors d’un point de presse tenu ce dimanche 7 juin 2026 à Bondoukou, Ouattara Korotoumou, présidente du Collectif des Commerçants du Grand Marché de Bondoukou, a lancé un appel solennel à la reprise du travail sur les marchés. Cette annonce fait suite à la fermeture temporaire des activités due au litige entourant l’implantation d’une enseigne commerciale SOCOCE sur l’espace public dit « La Tribune ». Elle exhorte les commerçants à « reprendre leurs activités dans la sérénité » afin de favoriser les négociations en cours avec les autorités étatiques.
Un conflit ancré dans l’absence de dialogue
Depuis plusieurs jours, la ville de Bondoukou est secouée par un différend opposant une partie des commerçants à l’administration communale. Le projet d’installation d’un supermarché sur La Tribune, sans consultation préalable des acteurs concernés, a suscité une vive inquiétude quant à son impact sur les activités économiques existantes. Le collectif a multiplié les démarches auprès des autorités administratives, des guides religieux et des élus locaux, mais celles-ci sont restées sans réponse. « Face à l’absence de dialogue et à la volonté persistante de la Mairie de conduire ce projet sans consultation, nous avons été contraints de saisir la justice », a déclaré Ouattara Korotoumou.
Une action judiciaire qui éclaire le débat
La plainte déposée par le collectif a été jugée irrecevable par le tribunal le vendredi 5 juin 2026. Toutefois, la présidente a tenu à clarifier ce point : « Notre plainte a été jugée irrecevable non pas parce que la Mairie avait raison, mais parce que le juge estime que seul le propriétaire du terrain peut protester contre son occupation. Or, la justice a établi que cet espace relève du domaine public de l’État, et non de la Mairie. » Cette précision juridique est capitale, car elle transfère la responsabilité de l’affectation du terrain aux autorités nationales.
Un appel à la reprise dans la dignité
S’adressant directement aux commerçants, Ouattara Korotoumou a insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte « dans la dignité et la responsabilité ». Elle a rappelé que le collectif n’est pas opposé au développement économique – citant même le modèle libéral promu par le Président Alassane Ouattara – mais exige le respect des procédures et des droits des commerçants. « Nous allons maintenant saisir les autorités compétentes de l’État, seul propriétaire légal de cet espace, pour que toute décision soit prise dans la transparence et l’équité », a-t-elle affirmé.
Vers des négociations apaisées
L’appel à la reprise du travail s’inscrit dans une stratégie de dialogue renoué avec les instances étatiques. Le collectif espère que la réouverture des marchés démontrera sa volonté de coopération, tout en maintenant la pression pour une solution consensuelle. « Donnons une chance aux prochaines négociations », a conclu la présidente, avant de souhaiter que « Dieu bénisse Bondoukou et la Côte d’Ivoire ». Pour rappel, le projet SOCOCE, porté par la municipalité, vise à implanter un supermarché sur un espace public traditionnellement utilisé par les commerçants locaux. L’absence de concertation a conduit à une mobilisation citoyenne soutenue par une pétition de milliers de signatures. La décision judiciaire récente a redéfini les responsabilités, ouvrant la voie à un nouveau chapitre de discussions.
Hosanna JP de Chantal