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Vendredi, 05 juin

Crise au sommet de la chefferie dans le Gbêkê : Le communiqué du ministre Jacques Assahoré soulève des interrogations

Publié le 05 juin 2026 à 09:21
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Une communauté plus que déterminé
Une communauté plus que déterminé

La tension monte au sein de la chefferie traditionnelle dans la région du Gbêkê. Alors que des chefs de villages, de tribus et de cantons de Diabo et de Languibonou ont publiquement contesté la gestion de Nanan N’Goran Koffi II, président régional de la Chambre des rois et chefs traditionnels, la sortie du ministre Jacques Assahoré Konan vient ajouter une nouvelle dimension à cette affaire qui secoue le monde traditionnel.
Dans un communiqué officiel largement relayé sur les réseaux sociaux, le ministre des Eaux et Forêts, par ailleurs président du Conseil régional de Gbêkê et député élu de Diabo-Languibonou, a exprimé sa « totale désolidarisation » avec la démarche des chefs frondeurs. Jacques Assahoré a rappelé que Nanan N’Goran Koffi II tire sa « légalité et sa légitimité » d’une nomination du président de la République, Alassane Ouattara, et que toute contestation devrait être portée devant les instances compétentes plutôt que sur la place publique.
Une prise de position ferme qui suscite déjà de nombreuses interrogations dans la région. Certains observateurs s’interrogent notamment sur l’opportunité d’une telle intervention politique dans un conflit présenté comme relevant avant tout des usages coutumiers et des mécanismes internes de la chefferie traditionnelle.
Une fronde ouverte contre Nanan N’Goran Koffi II
À l’origine de cette crise, une conférence de presse organisée le mercredi 3 juin 2026 à Diabo, au domicile de Nanan Thomas Battey. Réunis autour d’une motion de protestation lue par Nanan Houphouët Kouadio Célestin, chef du village de Saya, plusieurs dignitaires traditionnels ont accusé Nanan N’Goran Koffi II d’ingérences répétées dans des affaires internes aux cantons Gblo et Languibonou.
Les contestataires dénoncent particulièrement son implication dans le processus de désignation du chef du village de Saoundi, estimant que cette question relève exclusivement des autorités coutumières locales.
Autre point de crispation : la gestion de l’intérim à la tête du canton Gblo Blè. Les chefs soutiennent que Nanan Allou Yéman III, affaibli par des raisons de santé, a lui-même désigné son frère N’Guesan Frédéric pour assurer l’intérim, une décision qui, selon eux, devrait être respectée sans interférence extérieure.
Les protestataires reprochent également au président régional de la Chambre des rois et chefs traditionnels d’avoir tenté d’influencer la désignation des représentants du Gbêkê à la Chambre nationale, notamment en cherchant à remplacer certains responsables comme Nanan Thomas Battey.
Face à ce qu’ils qualifient de « violations répétées des usages et des principes de consensus », ces chefs traditionnels ont officiellement retiré leur confiance à Nanan N’Goran Koffi II et réaffirmé leur soutien à Nanan Thomas Battey ainsi qu’à Nanan Allou Yéman III.
Jacques Assahoré appelle au respect des institutions
Dans son communiqué, Jacques Assahoré Konan a condamné « avec la plus grande fermeté » la méthode utilisée par les contestataires, estimant que les réseaux sociaux ne sauraient remplacer « les mécanismes de dialogue, de médiation et de règlement des différends consacrés par nos us et coutumes ».
Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et le respect des institutions traditionnelles, appelant les différentes parties à privilégier la concertation et la sagesse.
Mais cette sortie, loin d’apaiser totalement les tensions, nourrit le débat dans l’opinion locale. Plusieurs voix s’interrogent sur le fond du dossier, notamment sur les accusations portées contre Nanan N’Goran Koffi II, auxquelles le communiqué ministériel ne répond pas directement.
Nanan N’Goran Koffi II rejette les accusations
Joint à son domicile par un média en ligne (Confidence24.net) , le président régional de la Chambre des rois et chefs traditionnels rejette en bloc les accusations formulées contre lui. Nanan N’Goran Koffi II affirme agir uniquement dans le cadre de ses missions de médiation et de préservation de la cohésion sociale.
Concernant le dossier de Saoundi, il explique avoir été sollicité afin d’aider à trouver une solution consensuelle au différend qui oppose certaines parties.
Sur la question des représentants à la Chambre nationale, il soutient que son initiative visait simplement à assurer le bon fonctionnement de l’institution. Il reconnaît toutefois que les chefs ont finalement choisi de reconduire Nanan Thomas Battey, décision qui, selon lui, a été respectée et transmise aux autorités compétentes.
Malgré la crise, Nanan N’Goran Koffi II dit rester attaché au dialogue et à l’unité, estimant que la préservation de la paix dans le Gbêkê doit demeurer la priorité absolue, lit-on sur le site du même média.
Dans une région où la chefferie traditionnelle conserve une forte influence sociale et culturelle, cette affaire pourrait avoir des répercussions importantes si aucun compromis n’est rapidement trouvé entre les différentes parties.
O.L