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Mercredi, 03 juin

Condamnation de l’influenceur Apoutchou National : les grosses interrogations de son avocat

Publié le 03 juin 2026 à 12:57
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l’influenceur Stéphane Agbré, plus connu sous le nom d’Apoutchou
l’influenceur Stéphane Agbré, plus connu sous le nom d’Apoutchou

Le Pôle pénal économique et financier de Côte d’Ivoire a condamné, mardi 2 juin 2026, cinq personnes, dont l’influenceur Stéphane Agbré, plus connu sous le nom d’Apoutchou National, à des peines allant d’un à cinq ans de prison ferme pour des faits liés au « blanchiment de capitaux ».
L’affaire trouve son origine dans une vidéo publiée il y a deux ans sur les réseaux sociaux. On y voit Apoutchou National exhiber plusieurs liasses de billets représentant plusieurs dizaines de millions de francs CFA. L’influenceur avait expliqué que cet argent lui avait été prêté par un bookmaker dans le cadre de l’achat d’un véhicule. Cette séquence avait alors attiré l’attention du Pôle pénal économique et financier, qui a rendu son verdict ce mardi 2 juin.
Des peines de prison et une réglementation de la BCEAO au cœur du dossier
Vêtu de noir et les mains derrière le dos, Stéphane Agbré a écouté avec gravité la décision du tribunal le condamnant à trois ans de prison ferme pour « blanchiment de capitaux ». Dans cette affaire, Lionel PCS, présenté comme le principal accusé, a écopé de cinq ans de prison ferme pour « prise illicite de pari » et « transfert illicite d’argent ».
Pour motiver sa décision, le tribunal s’est notamment appuyé sur une réglementation de la BCEAO qui plafonne à cinq millions de francs CFA les paiements en espèces. Au-delà de ce montant, les transactions doivent être effectuées par chèque ou par voie bancaire.
« Un vide juridique », selon la défense
Cette interprétation du texte suscite toutefois de nombreuses interrogations du côté de la défense. Pour Me Ndry Claver Kouadio, avocat des prévenus, la question essentielle porte sur l’absence de sanctions clairement prévues par la loi.
« Cette décision du gouverneur de la BCEAO prévoit que tous ceux qui vont enfreindre cette instruction seront passibles des sanctions prévues par la loi sur le blanchiment de capitaux. Sauf que, lorsque vous consultez les 207 articles de cette loi, aucune disposition ne prévoit de sanction en cas de dépassement du seuil fixé par le gouverneur de la BCEAO », a-t-il déclaré.
L’avocat estime ainsi qu’il existe « un vide juridique » et dit s’interroger « sur la légalité d’une telle décision ».
Une amende de 100 millions FCFA et un appel annoncé
En plus des peines de prison, les cinq prévenus ont été condamnés à verser solidairement une amende de 100 millions de francs CFA à la Lonaci ainsi qu’à l’État de Côte d’Ivoire, constitué partie civile dans cette affaire.
Réagissant à cette décision, Me Abdoulaye Ben Meïté, avocat de l’État ivoirien, a indiqué : « Nous avons pris acte de la décision. Nous allons poursuivre la sensibilisation, notamment auprès de la jeunesse et des acteurs économiques, afin que chacun fasse preuve de vigilance dans le maniement des espèces et respecte la loi. »
La juge n’a toutefois pas délivré de mandat de dépôt. Les cinq condamnés ont annoncé leur intention de faire appel de la décision.
O.L / RFI