Devant les conseillers du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), l’Inspecteur Général d’État, Ahoua N’Doli Théophile, a dressé un tableau éloquent du rôle stratégique des organes de contrôle dans l’amélioration de la gouvernance publique. Lors d’une conférence tenue ce mercredi 21 mai, l’autorité a rappelé que le contrôle n’est pas une menace, mais un puissant outil au service de la transparence et de l’efficacité de l’État.
Un bilan chiffré qui témoigne de l’action constante
Invité par le président du CESEC, Aka Aouélé, pour animer une conférence sur le thème « Quelle contribution des Institutions Supérieures de Contrôle de l’ordre administratif dans l’amélioration de la gouvernance publique en Côte d’Ivoire ? », Ahoua N’Doli Théophile a étayé son propos par des données concrètes. Il a révélé qu’en 2024 seulement, les Institutions Supérieures de Contrôle ont inspecté 1 745 services ministériels, 104 établissements publics nationaux et 51 sociétés d’État. Ces chiffres, selon lui, incarnent l’engagement permanent de ces structures en faveur de la redevabilité et d’une gestion publique optimisée.
« L’Inspection Générale d’État (IGE) est bien plus qu’un simple vérificateur. C’est un organe supérieur de contrôle administratif, d’audit et de promotion de la bonne gouvernance, placé sous l’autorité directe du Président de la République. Sa mission est d’accompagner l’administration vers l’excellence », a-t-il déclaré devant l’assemblée.
Une progression notable sur les indices internationaux
L’Inspecteur Général d’État a salué les progrès « significatifs » enregistrés par la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. Il a notamment cité l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique, où le pays a effectué un bond remarquable, passant de la 46ᵉ place en 2012 à la 16ᵉ en 2024, soit un gain de 30 places.
Une amélioration tout aussi spectaculaire est observée sur le front de la lutte contre la corruption. Selon les données de Transparency International, la Côte d’Ivoire est passée du 130ᵉ rang mondial en 2012 au 76ᵉ en 2025 sur l’Indice de Perception de la Corruption, réalisant une ascension de 54 places en quatorze ans. « Ces avancées ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont la résultante d’une volonté politique affirmée et d’un travail opiniâtre des institutions de contrôle », a analysé Ahoua N’Doli Théophile.
Un plaidoyer pour un changement de paradigme
Malgré ces résultats encourageants, le patron de l’IGE a appelé à ne pas relâcher les efforts. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités institutionnelles des organes de contrôle et de poursuivre les actions de sensibilisation au sein des administrations.
Son plaidoyer central a porté sur une refonte de la perception même du contrôle administratif. « Il est impératif que le contrôle cesse d’être perçu comme une contrainte bureaucratique ou une épée de Damoclès », a-t-il martelé. « Il doit au contraire être compris et adopté comme un levier essentiel de performance, de transparence et de bonne gouvernance. Un levier qui sert in fine l’État et, par ricochet, chaque citoyen ivoirien. »
Cette intervention devant le CESEC, assemblée consultative majeure, souligne la volonté des plus hautes autorités de placer la qualité de la gouvernance au cœur du développement national. Le message est clair : en Côte d’Ivoire, le contrôle se veut désormais un partenaire de la modernisation de l’action publique.
Hosanna JP de Chantal