Le week-end de l’Ascension, le village de Gbaki, dans la sous-préfecture de Yezimala (département de Bondoukou), a vibré au rythme des chants et des danses traditionnelles. À l’initiative de l’Association des Étudiants et Élèves de Gbaki (AEEG/MUDGÉ), la troisième édition de la journée d’excellence scolaire a mis à l’honneur les réussites éducatives, tout en rappelant les défis du développement local. En présence du chef de village, entouré de sa notabilité, et sous le parrainage symbolique du ministre Ouattara Siaka, l’événement a été un plaidoyer vibrant pour l’unité et l’avenir de la jeunesse. En effet, sous un soleil radieux, les couleurs vêtues des habitants de Gbaki se mêlaient aux rythmes entraînants des tambours. Le chef de village, Kouassi Kra Faustin, entouré des notables et des fils de la localité, a ouvert les festivités par des chants de joie, saluant l’effort collectif en faveur de l’éducation. Dans l’air, l’odeur de la terre après les premières pluies se confondait avec l’énergie palpable d’une communauté rassemblée.
Pour Kouassi Kra Ignace, président du comité d’organisation, cette célébration dépasse le simple cadre scolaire. « Cette célébration vise à mettre en valeur la notion du vivre-ensemble, de cohésion sociale, et à faire de Gbaki un exemple. Comme les boutures nourrissent la terre, l’unité nourrit le développement », a-t-il déclaré, soulignant le lien entre éducation et harmonie sociale.
Le président de l’association, Kouakou Yao Sylvain, a ensuite pris la parole, captivant l’auditoire par des images et des propos bien choisis. « Cette troisième édition de la journée d’excellence vise à célébrer les efforts, la discipline et la réussite scolaire des élèves et étudiants de notre association, qui est basée sur l’union, l’entente, la solidarité et le vivre-ensemble, seul gage du vrai développement durable », a-t-il affirmé. Mais derrière les louanges, un constat sévère : il a évoqué les obstacles rencontrés par le village, notamment l'insuffisance d’infrastructures éducatives et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. « Votre présence en ce jour depuis tant d’années est un grand bonheur pour notre population, une réussite pour la communauté éducative », a-t-il lancé, avant de supplier : « Cher leader, à vous de nous donner cette nourriture. » – une référence directe aux besoins criants en logements pour les enseignants, en salles de classe et en opportunités d’emploi.
L’intervention tant attendue du représentant du ministre, Ouattara Souleymane alias Ib Kassoutri, a apporté une réponse partielle à ces attentes. Après avoir transmis les regrets du ministre Siaka Ouattara, retenu par un drame familial, il a salué le choix d’un parrainage transcendant les clivages politiques. « Cela montre que pour vous, ce qui compte, ce n’est pas l’appartenance politique, mais l’engagement pour l’éducation et le développement », a-t-il souligné.
S’adressant directement aux jeunes, il a félicité les élèves méritants, exhorté les candidats aux examens à persévérer, et appelé à une génération consciente, loin de la tricherie et des stupéfiants. « Votre diplôme, c’est votre arme pour l’avenir. La Côte d’Ivoire toute entière, et le Gontougo en particulier, ont besoin de relève », a-t-il martelé. Il a également plaidé pour l’unité, au-delà des divisions politiques, ethniques ou religieuses. « Un peuple divisé ne construit rien. Un peuple uni bâtit des écoles, des routes, des centres de santé, et surtout, il bâtit l’avenir de ses enfants. » En conclusion, sous les acclamations, il a rassuré l’assistance : les préoccupations du village seront transmises au ministre. Séance tenante, il a promis la finalisation du logement des maîtres, une aide à l’insertion professionnelle des diplômés, et surtout, la fourniture d’un forage hydraulique villageois amélioré (HVA) pour soulager les femmes dans la recherche d’eau potable. Des engagements accueillis par des vivats, tandis que chants et danses reprenaient de plus belle, rythmant la fin d’une journée où l’espoir a semblé à portée de main.
Gbaki, village de la région du Gontougo, illustre à la fois les succès d’une jeunesse mobilisée pour l’éducation et les défis persistants du monde rural ivoirien. L’association AEEG/MUDGÉ, créée pour fédérer les étudiants et élèves originaires du village, organise chaque année cette cérémonie pour stimuler l’excellence et renforcer les liens communautaires. « Que cette fête de fin d’année soit un moment de cohésion, de fierté et d’engagement pour tous », a conclu le représentant du ministre, résumant l’esprit de cette journée où Gbaki a célébré, le cœur léger mais les yeux tournés vers l’avenir.
Hosanna JP de Chantal