La Côte d’Ivoire franchit une étape importante dans le renforcement de sa gouvernance et de la transparence. Un atelier consacré à l’élaboration de l’avant-projet de loi et du guide sur les lanceurs d’alerte s’est ouvert ce mardi 24 mars 2026 au siège de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), sous la présidence de son président, Épiphane Zoro Bi Ballo.
Prévue pour se tenir jusqu’au 27 mars, cette rencontre réunit un écosystème élargi d’acteurs publics et privés, notamment le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, des administrations publiques, des organisations professionnelles, des représentants de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et des experts internationaux.
Cette initiative marque une étape décisive dans la lutte contre la corruption. Elle vise à doter le pays d’un cadre juridique spécifique pour la protection des lanceurs d’alerte, un dispositif encore inexistant.
Au-delà de l’enjeu juridique, la réforme s’inscrit dans une approche systémique de la gouvernance, visant à améliorer la performance des institutions, la qualité de la dépense publique et le climat des affaires.
En ouverture des travaux, l’expert-consultant, Jimmy Kandé, a présenté un exposé sur les enjeux et défis de la protection des lanceurs d’alerte, mettant en lumière les mécanismes de protection et les bonnes pratiques en la matière.
Prenant la parole, le président de la HABG a insisté sur le rôle central des lanceurs d’alerte dans la prévention et la détection des actes de corruption. « Notre pays dispose déjà d’outils importants, notamment une ordonnance, une stratégie nationale et une plateforme de dénonciation. Toutefois, la question de la protection des lanceurs d’alerte demeure un maillon essentiel à renforcer », a-t-il indiqué.
Il a également relevé un décalage entre les dispositifs existants et la réalité des signalements. Si des mécanismes de protection existent dans le cadre judiciaire, ceux-ci interviennent généralement après la saisine de la justice. Or, dans la pratique, les signalements interviennent en amont, dans les administrations, les entreprises ou les organisations, exposant ainsi les lanceurs d’alerte à divers risques de représailles.
« Dès lors, la question centrale est de savoir ce qui protège réellement le lanceur d’alerte dans l’exercice de son acte citoyen », a-t-il interrogé.
À travers cet atelier, les autorités entendent ainsi combler ce vide juridique en posant les bases d’un cadre légal et opérationnel adapté, capable de garantir une protection effective des lanceurs d’alerte et de renforcer les mécanismes de prévention et de détection de la corruption en Côte d’Ivoire.
CICG