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Jeudi, 05 février

Mobilisation des capitaux : Le président de la BAD appelle le monde

Publié le 06 août 2025 à 07:08
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Le Président de la Banque africaine de développement
Le Président de la Banque africaine de développement

APAnews –
À Lagos, lors du Sommet Afrique de Standard Chartered, le président de la Banque africaine de développement a plaidé pour une réorientation stratégique des flux financiers vers le continent.

Le 31 juillet à Lagos, le président de la Banque africaine de développement (Bad), Akinwumi Adesina, a prononcé un discours de clôture à l’occasion du Sommet Afrique de Standard Chartered. L’événement, placé sous le thème « De l’Afrique au monde : innovation, résilience et croissance », a rassemblé un large éventail de décideurs politiques, dirigeants d’entreprises, investisseurs et figures culturelles majeures. Parmi eux figuraient l’homme d’affaires Aliko Dangote, la ministre nigériane du Commerce et de l’Investissement Jumoke Oduwole, le financier Hakeem Belo-Osagie et l’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie.

Dans son intervention intitulée « Réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique », Adesina a lancé un vibrant appel à une mobilisation financière en faveur du continent.

Il a lancé : « Ensemble, réorientons les capitaux mondiaux pour valoriser les atouts de l’Afrique. À l’aube d’un nouveau chapitre, je peux vous assurer que cela restera mon cheval de bataille. Car l’Afrique restera à jamais dans mon cœur et dans mon regard. »

Fidèle à sa réputation d’optimiste inébranlable, il a introduit son propos par une touche personnelle : « Quand on m’a proposé d’intervenir, je n’ai pas hésité une seconde. Comment celui qu’on surnomme le ‘grand optimiste de l’Afrique’ pourrait-il refuser de parler d’Afrique ? »

Adesina a mis en avant les avancées notables de la Bad au cours des dix dernières années, axées sur l’innovation financière et l’efficacité du capital.
« La Banque africaine de développement ne se contente pas d’attendre de nouveaux capitaux, elle innove pour faire plus avec ce qu’elle possède. Grâce à l’optimisation de notre bilan, nous maximisons chaque dollar de capital à risque. Notre ambition est triple : libérer du capital, attirer les investisseurs et amplifier l’impact du développement », a-t-il déclaré.

Il a détaillé plusieurs initiatives majeures rendues possibles par la solidité financière de l’institution, qui maintient une note AAA depuis une décennie. Depuis 2015, la Bad a mobilisé plus de 102 milliards de dollars de financements à faible coût. Son capital est passé de 93 milliards en 2015 à 318 milliards en 2024, un record depuis sa création. En partenariat avec la Banque interaméricaine de développement, elle a lancé une initiative de réaffectation des Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI. L’Africa Investment Forum, lancé en 2018, a généré plus de 225 milliards de dollars d’intentions d’investissement.

Par ailleurs, l’institution a émis 14 milliards de dollars en obligations sociales sur huit ans, et levé 10 milliards de dollars en 2025 via des obligations de référence à long terme. Elle a également réalisé la première titrisation synthétique d’un portefeuille non souverain d’une valeur d’un milliard de dollars, ainsi que la première émission de capital hybride du secteur privé pour 750 millions de dollars, sursouscrite à hauteur de 5,1 milliards. Grâce au programme « Room to Run Sovereign », la Bad a dégagé 2 milliards de dollars de capacité de prêt supplémentaire en faveur des États membres.

Des garanties de crédit partielles et de risque ont également été déployées, totalisant près de 3 milliards de dollars et permettant de mobiliser 5 milliards de financements. L’une d’elles, d’un montant de 250 millions de dollars, a permis à l’Égypte d’émettre le tout premier Panda Bond africain sur le marché chinois, d’une valeur de 500 millions.

Adesina a salué la collaboration entre la Bad et Standard Chartered, en particulier une garantie de crédit partielle accordée à la Côte d’Ivoire en 2023. Cette opération a été distinguée comme le meilleur prêt syndiqué souverain de l’année aux Bonds, Loans & ESG Capital Markets Africa Awards 2025, organisés à Cape Town.
« Standard Chartered a été le seul prêteur dans le cadre de cette opération de prêt durable pour la Côte d’Ivoire. Grâce à ce partenariat, la Bad a pu mobiliser 533 millions d’euros en faveur des besoins de financement du pays », a-t-il souligné.

Il a également félicité la banque britannique pour ses 127 distinctions obtenues en 2025, dont celle de meilleure banque transactionnelle lors des Asset Triple A Treasurise Awards à Hong Kong.

« Ces récompenses témoignent d’un parcours d’excellence exceptionnel dans le secteur bancaire et financier, à l’échelle mondiale », a-t-il dit.

Le président de la Bad a appelé les institutions financières mondiales à renforcer leurs partenariats stratégiques avec la Banque et les autres banques multilatérales de développement, afin d’augmenter les flux de capitaux vers le continent. Il a plaidé pour une utilisation accrue des mécanismes d’atténuation des risques, le renforcement des instruments de rehaussement de crédit, la généralisation des normes ESG (environnementales, sociales et de gouvernance), ainsi qu’une meilleure collaboration pour financer les économies locales en monnaies nationales.

La délégation de la Bad comprenait notamment Solomon Quaynor, vice-président chargé du secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation, ainsi que Dr Abdul Kamara, directeur général du bureau pays du Nigéria. Ce pays concentre aujourd’hui le portefeuille actif le plus important de la Banque, évalué à 5,1 milliards de dollars et réparti sur 52 opérations, à parts égales entre projets publics et privés. Les projets nationaux représentent 84 % de ce portefeuille, contre 16 % pour les projets multinationaux.

Enfin, selon un communiqué diffusé par APO Group au nom de la Bad, l’institution prévoit de lancer une Banque d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes au Nigéria. Ce projet s’inscrit dans une stratégie panafricaine visant à promouvoir l’emploi des jeunes à travers l’entrepreneuriat. Dans le même esprit, la Bad met en œuvre la Phase 1 de ses Zones spéciales de transformation agro-industrielle dans huit États nigérians, dont le Territoire de la capitale fédérale. Les travaux ont déjà débuté à Kaduna, Cross River, Oyo et Ogun. La Phase 2, qui couvrira les 28 autres États, est attendue pour septembre 2025.

Apa News