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Jeudi, 05 février

Perspective économique en Afrique en 2025: Ce que dit la Banque Africaine de développement

Publié le 30 mai 2025 à 15:31
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La croissance économique africaine devrait passer de 3,3 % en 2024 à 3,9 % en2025, pour atteindre 4 % l’an prochain, malgré la montée des incertitudes géopolitiques et des tensions commerciales. C’est ce que prévoit la Banque Africaine de développement. Dans son rapport intitulé « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement », présenté à l’occasion de la 60ème assemblée annuelle tenue à Abidjan du lundi26 au jeudi 29 mai 2025 à Abidjan en Côte d’Ivoire, la BAD note que, malgré les défis internes et externes actuels, le continent va continuer de faire preuve d’une résilience remarquable. Il démontre la capacité des pays du continent à résister à de multiples chocs et identifie des pistes pour libérer un vaste potentiel de transformation. Le rapport présente également des projections encourageantes malgré d’importants défis. Elle souligne que 21 pays africains, atteindront une croissance supérieure à 5 % en 2025. Quatre autre à en croire, les Experts de l’Institution notamment l’Éthiopie, le Niger, le Rwanda et le Sénégal pourraient atteindre le seuil critique de 7 % nécessaire à la réduction de la pauvreté et à une croissance inclusive. Quant aux taux de croissance projetés pour l’Afrique dépasseront la moyenne mondiale et dépasseront ceux de la plupart des autres régions, à l’exception des pays émergents et en développement d’Asie.

LES TAUX DE CROISSANCE DEPASSERONT LA MOYENNE MONDIALE

La résilience continue de l’Afrique repose sur des réformes nationales efficaces et une meilleure gestion macroéconomique. Les perspectives de croissance varient considérablement selon les régions : L’Afrique de l’Est arrive en tête avec une croissance projetée de 5,9 %en 2025-2026, portée par la résilience de l’Éthiopie, du Rwanda et de la Tanzanie. L’Afrique de l’Ouest maintient une croissance solide de 4,3 %,tirée par la mise en production de nouveaux gisements de pétrole et de gaz au Sénégal et au Niger. Face à des vents contraires persistants, l’Afrique du Nord devrait enregistrer une croissance de 3,6 % en 2025. En Afrique centrale, la croissance devrait ralentir à 3,2 % et l’Afrique australe ne progressera que de 2,2 %, sa plus grande économie, l’Afrique du Sud, ne devant enregistrer qu’une croissance de 0,8 %. D’importants défis persistent. Quinze pays connaissent une inflation à deux chiffres, tandis que les paiements d’intérêts absorbent désormais 27,5 % des recettes publiques en Afrique, contre19 % en 2019. Un énorme potentiel de ressources nationales reste inexploité. Les PEA 2025 estiment qu’avec des politiques appropriées, l’Afrique pourrait mobiliser 1 430 milliards de dollars supplémentaires de ressources nationales provenant de sources fiscales et non fiscales, uniquement grâce à des gains d’efficacité.

1430 MILLIARDS DE DOLLARS A MOBILISER

Les ressources extraordinaires, mais sous-exploitées de l’Afrique comprennent : Le capital naturel : l’Afrique abrite 30 % des réserves minérales mondiales et pourrait capter plus de 10 % des 16 000 milliards de dollars de revenus prévus avec les principaux minéraux verts d’ici à 2030. Le capital humain :l’âge médian de 19 ans sur le continent représente un dividende démographique qui pourrait ajouter 47 milliards de dollars au PIB africain grâce à une meilleure participation de la main-d’œuvre. Le capital financier :les actifs des fonds de pension ont atteint 1 100 milliards de dollars, tandis que les transferts de fonds officiels pourraient atteindre500 milliards de dollars d’ici à 2035 si les coûts de transfert sont réduits. Le capital commercial : la mise en œuvre intégrale de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait accroître les exportations de 560 milliards de dollars ainsi que les revenus du continent de 450 milliards de dollars d’ici à 2035. Le rapport souligne que les sorties massives de capitaux compromettent le développement du continent.

D’IMPORTANTS FLUX FINANCIERS VOLATISES SUR LE CONTINENT

En comparaison avec les 190,7 milliards de dollars d’entrées financières enregistrées en 2022, l’Afrique a accusé environ 587 milliards de dollars de fuites financières. Sur ce total, environ 90 milliards de dollars ont été perdus à cause de flux financiers illicites, 275 milliards supplémentaires ont été détournés par les multinationales qui transfèrent leurs bénéfices, et 148milliards de dollars ont été perdus à cause de la corruption. Le rapport appelle également à des réformes globales dans plusieurs domaines cruciaux. Concernant la mobilisation des recettes fiscales, il recommande d’améliorer l’administration fiscale grâce à la numérisation, d’élargir l’assiette fiscale nationale et de renforcer les contrats sociaux avec les citoyens afin d’améliorer le respect des obligations fiscales. Il préconise de rendre obligatoire la comptabilisation du capital naturel et de faire respecter la rétention de la valeur nationale par le biais d’exigences en matière d’enrichissement. Les PEA 2025 soulignent également la nécessité d’approfondir les marchés financiers en exploitant l’épargne institutionnelle, en développant les marchés obligataires en devise locale et en harmonisant les cadres réglementaires afin de faciliter les investissements transfrontaliers.

Junior O. Adjoumani